Voy. partie. ApoL, passim, notam
4. Apol., 21 : Sed et Caesares credidissent super Christo, si aut Caesares non essent sacculo necessarii aut si Christiani potuissent esse Caesares.
5. Les manuscrits ne donnent pas de variantes notables ; on peut considérer le texte comme bien établi dans la forme ci-dessus.
6. Voy. par exemple les notes de l'édition Migne. P. L., I. col. 4o3 et Œhler, I, p. 204, n. u.
bilité d'une adoption du christianisme par l'Empire. Méliton fait visiblement des avances à l'Empire, quand il prétend démontrer qu'il y a un parallélisme constant entre sa prospérité et le développement du christianisme, depuis qu'ils sont nés ensemble sous Auguste '. Athénagore dit à Marc Aurèle et à son fils qu'ils sont plus proches que personne de la connaissance du vrai Dieu et il les encourage à se fier à l'esprit de Dieu, plutôt qu'aux opinions humaines "^ ; il les engage à étudier la Bible \ St Justin affirme très hautement qu'il désire changer les cœurs *. Tatien lui-même, que Renan appelle quelque part le prototype de Tertullien \ Tatien, s'adressant aux païens, leur dit qu'il a écrit pour eux, pour les gagner à la foi \ Il me paraît hors de doute que ces divers auteurs ont conçu comme possible, comme facile même, et dépendant de la volonté d'un homme, la conversion de tout l'Empire ; c'est déjà une indication pour comprendre Tertullien ; il est peu probable, en effet, qu'il revienne, pour la contredire, sur une opinion publiquement exprimée par les apologistes qui l'ont devancé, ou, s'il le fait, \'û nous en donnera évidemment la raison.
Avant tout, il ne faut pas oublier que Tertullien recherche volontiers le trait et ne fuit pas la subtilité, dût-il aiguiser l'un et atteindre l'autre au détriment de la clarté.
Le contexte ne nous éclaire guère ; il nous relate le premier contact officiel entre le christianisme et l'Empereur : Pilate a envoyé à Tibère le récit de ce qui s'est passé lors de la mort de Jésus \ Ailleurs ■' Tertullien insiste davantage ; il nous dit que Tibère, frappé par le rapport du procurateur de Judée, est tout prêt à reconnaître la divinité du Christ, mais qu'il se heurte à la mauvaise volonté du sénat et que les accusateurs des chrétiens lui font peur. L'ensemble du développement est très clair. Le sens littéral n'offre pas non plus de sérieuses obscurités, mais il convient de remarquer, au point de vue grammatical, qu'en parlant des Césars qui étaient nécessaires au siècle [si non essent saeculo necessarii), Tertullien emploie l'imparfait, qui suppose une action qui dure encore, tandis qu'en employant le plus-que-parfait, dans la seconde partie de la phrase {si Christiani potiiissent esse Caesares), il suppose une action parachevée, dont il semble limiter la portée à l'époque dont il
1. Méliton, ApoL, ap. Eus. H. E., IV, 26, 7 et s. ; Renan, M. Aia:, p. 283.