‹ TertullienChapitre 464 sur 561 · Admavt., 2 : Auferamus carccris nomen, secessum vocemus · texte numérisé non relu

Admavt., 2 : Auferamus carccris nomen, secessum vocemus

4. Ad mart., 2 : Habet tcnebras, sed lumen estis ipsi. Habet vincula, sed vos soluti deo cstis... nihil intercst, ubi sitis in saeculo, qui extra saeculum osiis.

Ce siècle, si ce n'est d'en sortir aussi vite que possible '. » C'est clair et chrétiennement logique, si logique même, que S. Cypricn, qui ressemblait pourtant très peu à Tertullien, tout en admirant son génie, reprend et développe naturellement l'idée du Maître % et établit à son tour que le monde ne peut être qu'odieux au chrétien ■'. Il imagine un homme placé sur le sommet d'une montagne très élevée, qui peut, de là, contempler l'univers tout entier et le pénétrer jusque dans son détail ; il décrit, dans un tableau sobre et vigoureux, ce qu'il y voit d'horreurs, depuis les crimes des coins de bois jusqu'aux turpitudes de l'intérieur des maisons et celles delà place publique. La crainte, le mépris, l'horreur du monde, sont au fond de l'àme chrétienne, et tous les docteurs les exprimeront unanimement : ils comptent au nombre des causes de l'ascétisme chrétien et du développement de cet esprit de retraite qui a fait naître les couvents. Lésâmes, particulièrement attachées au ciel, se sépareront dès ici-bas de la terre, autant qu'elles le pourront; elles animeront les anachorètes et les moines, les plus parfaits des chrétiens \

Mais, d'une part, cette solution de l'exil volontaire, que le christianisme a trouvée pour rester d'accord avec lui-même en face des impossibilités de la vie courante, n'était point encore d'usage habituel à l'époque de Tertullien ; d'autre part, elle était, de sa nature, incomplète, en ce sens qu'il fallait, pour qu'elle restât pratique et raisonnable, qu'elle ne fût adoptée que par un petit nombre d'hommes '\ Quant à la véritable sortie du monde, c'est-à-dire la mort, elle était entre les mains de Dieu. C'est pourquoi Tertullien devait fonder un compromis qui permît au commun des fidèles de poursuivre une vie que Dieu ne voulait pas encore révoquer à lui.

Il pose le principe qu'en tant que création, le monde est fait pour l'homme, lequel en est le centre naturel; les êtres et les

1. ApoL, 41 : nihil nostra refert in hoc aevo, nisi de eo quam celeriter excedere.

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