‹ TertullienChapitre 470 sur 561 · iii&ùn, Dial. c. Trypii., i · texte numérisé non relu

iii&ùn, Dial. c. Trypii., i

répondre à quelques railleries qu'il avait excitées en remplaçant un beau jour sa toge par \e palliiim, prouve en tous cas que ce vêtement n'était pas porté par tous les fidèles et n'était nullement caractéristique du chrétien '. M. Boissier, après Saumaise ' et de Rossi \ croit que Tertullien l'avait pris comme signe d'ascétisme chrétien. C'est possible, mais ce n'est pas certain \ Il se peut que des chrétiens, désireux d'affirmer qu'ils vivaient selon la philosophie chrétienne, aient pris — ou gardé — le manteau philosophique, leur allure générale suffisant à les différencier des philosophes ordinaires. En tous cas, ce fut là toujours une exception personnelle et une singularité ^ S'il en avait été autrement, Tertullien n'aurait pas écrit le De pallio, lequel, toute réflexion faite, ne me paraît point aussi mystérieux qu'à M. Boissier ^ Tertullien ne fuit certes ni la subtilité, ni la recherche, ni même l'obscurité, mais ce serait tomber dans l'exagération que d'imaginer un symbole ou simplement un sens caché sous chacune de ses phrases ; or, je crois que rien n'est plus éloigné de tout sous-entendu que le De pallio, et qu'il n'y faut voir qu'une plaisanterie. Au reste, s'il y avait vraiment un costume chrétien, il serait surprenant que ni la tradition, ni l'art, ni les textes n'en aient gardé le souvenir. Or, à part quelques mentions particulières qui nous sont faites du manteau philosophique \ rien du tout ne nous révèle l'existence d'un tel costume \ Voyez, par exemple, l'épisode qui est rapporté dans la

1. De pallio, 6, où Tertullien énumère ceux qui le portent, médecins, professeurs, etc., et conclut en le faisant parler : omnis liberalitas studiorum quatuor meis angulis tegitur.

2. On trouvera une partie de son commentaire sur le De pallio dans les notes de l'édition Migne [P. L., H -, col. 1029 et ss.).

3. Boissier, Fin du pagan., I, p. 244; de Rossi, Rom. Sott., II, p. 349.

4. Eusèbe, entre autres, nous rapporte {De mart. Palest., XI, 19) qu'un martyr marche au supplice tout plein de l'esprit de Dieu et vêtu du manteau philosophique; cela ne prouve pas qu'il l'ait pris par ascétisme; cela peut supposer seulement qu'il l'avait gardé de ses études, comme le maître d'Origène. Toutefois, le canon XII du concile de Gangres, ap. Mansi, II, 1101-1112, fournirait à la thèse de M. Boissier un argument assez sérieux : il anathématise celui qui, adoptant le petit manteau par manière d'exercice (5ià vo|j.'.!;o[xïvt,v âTx-r,j'.v), se croit, du coup, investi de toute justice et condamne ceux qui portent pieusement les vêtements de tout le monde.

5. August., De civ. Dei, XIX, 19, dit qu'en venant au christianisme, l'homme n'a rien à changer de ses habitudes que ce qui est contraire aux préceptes divins : unde ipsos philosophos quando christiani fiunt, non habitum vel consuetudiaem victus, quae nihii impedit rciigionem, sed falsa dogmata mutare compellit.

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