Fin du pagan., I, p
7. Aux textes précédemment cités on peut ajouter un détail rapporté dans Beati Asterii episc. eiiarratio in martyrium pvaeclar. martyr. Eiiplicmiae, III (Ruinart); l'auteur décrit des peintures qui représentent la martyre : adstat autem virgo pulla veste, ac pallio philosophiam professa.
8. Il n'est même pas impossible de trouver chez Tertullien lui-même un texte
Passio de Saint Théodote et de ses co-martyrs. Le confesseur s'est arrêté près d'un village et il envoie deux de ses compagnons pour y chercher le prêtre ou un prêtre chrétien ; comme ils entrent dans le village, ils sont attaqués par des chiens : un homme accourt qui les en délivre et cet homme est précisément le prêtre qu'ils cherchent. Il ne reconnaît pas en eux des frères, puisqu'il leur demande s'ils sont chrétiens et eux-mêmes ne reconnaissent pas en lui un prêtre, puisqu'ils lui disent après un moment de conversation : « Mais montrez-nous, mon père, le prêtre de ce village » ; et il se nomme '. Il me paraît établi par ce petit récit que ni les uns ni les autres des interlocuteurs n'avaient de signe extérieur distinctif, et que Saint Jérôme exprimait un fait courant quand il recommandait aux vierges chrétiennes de ne se faire remarquer par aucune singularité dans leur costume ' et se contentait d'interdire aux chrétiens les recherches inconvenantes des élégants du jour \
Si, en effet, le chrétien n'a pas de costume spécial, il est des costumes dont il doit s'abstenir. Sa toilette, comme nous dirions, n'est pas exempte de certaines restrictions ou prescriptions. Ce n'est point seulement le vêtement et la pompe des hommes au pouvoir que le chrétien doit éviter à tout prix comme idolâtriques '* ; il convient qu'il soit simplement vêtu, qu'il rejette de son costume tous les accessoires ^ et tous les ornements superflus, tous les bijoux, comme il bannit tous les parfums. C'est surtout aux femmes que ces recommandations s'adressent, car la parure les rend plus dangereuses encore, elles qui sont déjà une permanente tentation ^ TertuUien a écrit deux ouvrages pour prévenir, autant que possible, le péril qu'elles portent partout avec elles. On retrouve dans l'un et dans l'autre cet effroi de la femme que j'ai déjà signalé et qui est si caractéristique du christianisme. L'un est le De cultii
qui semble établir que, de fait, le « costume chrétien » n'existe pas : De idoL, t8 : proprius habitus uniuscuiusque est, tam ad usum quotidianum, quam ad honorem et dignitatcm. N'est-ce pas l'affirmation de la diversité des vêtements ?
1. Passio SS. Tlieodoti, etc., XI et XII (Ruinart); ce texte se rapporte à la persécution de Dioclétien.
2. Hieron., Ep., XXII, ad Eustoch., de custodia virgin., 27: vestis nec satis munda, nec sordida et nulla diversitate notabilis ; ne ad te obviam praetereuntium turba consistât et digito monstreris; d», 28, il conclut sur les exagérations d'austérité dans le vêtement : Hacc omnia argumenta sunt diaboli.