‹ TertullienChapitre 478 sur 561 · Pedag., III, 2, i3 : '£i xaA}>oj; jxoi/ixoù · texte numérisé non relu

Pedag., III, 2, i3 : '£i xaA}>oj; jxoi/ixoù

8. Pedag., III, 11, 57-58; noter cependant qu'ils interdissent la parure du visage par les poudres et les fards, qui adultèrent l'œuvre de Dieu ; voy. not. August., £>., IV, 245, i; Hieron., Ep., CVII, 5; Ambros., Hexaem., Yl,

5o6 CHAPITRE XVIII

Personne, d'ailleurs, ne nous a mieux décrit les artirices de la toilette féminine que Clément ; il est vraiment très documenté sur les moyens qu'employaient les dames de son temps pour corriger les erreurs de la nature '. Ce n'est pas qu'il les approuve, mais il les connaît, et on sent qu'il ne les interdirait pas tous si au moins quelques-unes d'entre les chrétiennes ne se laissaient aller à ne les employer que pour le bien et l'union de leur ménage '\

Il n'ignore pas davantage comment on emploie les parfums, et il sait d'où on les tire, comme il connaît ceux qui sont le plus estimés, et il nous parle en homme renseigné de l'effort que l'on fait sans cesse pour en trouver d'autres. C'est pourquoi il comprend qu'on expulse d'une cité bien tenue tous les parfumeurs, qui contribuent à amollir les hommes '. D'aucuns, pour justifier l'usage des parfums, allaient chercher dans l'Écriture l'exemple de la Magdaléenne. Clément riposte que Jésus ne s'est point, en l'occurrence, attaché aux parfums, mais seulement à l'intention, et que l'anecdote est d'ailleurs susceptible d'une interprétation symbolique qui lui ôte toute valeur d'exemple ". Une chrétienne n'a pas besoin d'autre parfum que de celui de sa pudicité, et la suave odeur que le Christ prépare pour ses fidèles doit lui suffire \ Cependant Clément n'est point comme les vautours ou les scarabées qui sont, dit-on, tués par les parfums; et il admet qu'une femme use de quelques-uns d'entre eux, à la condition qu'ils ne fassent point mal à la tête à son mari et qu'elle ne s'avise point de s'en oindre comme on fait d'un mort. Il lui devrait suffire d'user de l'huile naturelle, car le nez a son intempérance comme les autres organes des sens ^. Toutefois, les parfums peuvent ne pas être toujours sans

1. Pedag., III, 2, 4 et s. not. 8, qui est vraiment très joli dans son sérieux ; ce n'est d'ailleurs qu'une adaptation chrétienne d'une poésie d'Alexis ; voy. Athénée, XIII, 3.

2. S. Augustin, consulté, sur ces graves questions de toilette, par l'évéque Possidius, lui répond [Ep., IV, 245, i et s.) qu'il ne faut pas interdire d'une manière trop hâtive les parures d'or et les riches vêtements, sauf à ceux qui, n'étant pas mariés et ne voulant pas se marier, n'ont pas besoin de plaire au monde; on comprend que la femme cherche à plaire à son mari et réciproquement, mais il convient de maintenir les prescriptions relatives au voile : il ne faut pas que les femmes laissent voir leurs cheveux; il faut également interdire les fards, qui ne sauraient donner d'illusions aux maris pour lesquels seulement on peut tolérer que les femmes se parent : secundum veniam non secundum imperium. En revanche, il faut exécrer certaines parures qui ont leur origine dans une superstition : telle est, par exemple, l'habitude qu'ont certains hommes de porter un anneau à une oreille ; la vraie parure du fidèle, ce sont ses bonnes mœurs.

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