Pedag., II
LA VIE COURANTE Boy
Utilité pour l'usage couraiu de la vie ; il est de douces odeurs qui ne font pas mal à la tête, ne poussent pas à Tamour ni à la recherche des sociétés impudiques et des courtisanes, mais ont, au contraire, de salutaires effets, quand on use avec modération. On peut les employer comme stimulants en cas de fatigue, et pour soulager le mal de tête ou quelque autre incommodité. Il ne s'agit pas, bien entendu, de s'en inonder, comme font les voluptueux, qu'on suivrait à la trace : un tel abus ne va pas d'ailleurs sans inconvénients, il faut dessécher et blanchir les cheveux '.
Nous avons, sur cette question des parfums, un bon exemple du procédé de Clément d'Alexandrie, et, à sa suite, du procédé de l'Eglise entière ; il commence par tout interdire, en théorie, puis se laisse aller aux concessions de détail, à la fois en constatant que les textes ne sont pas formellement en opposition avec la pratique courante, et en essayant de justifier celle-ci par des considérations d'utilité humaine ; il s'efforce de limiter les usages par des restrictions plus ou moins étroites ; puis, en fin [de compte, leur ouvre une porte assez large pour qu'ils y puissent passer tout entiers. C'est ainsi que toutes les habitudes païennes ont fini par conquérir le christianisme.
Voyez, par exemple, ce qui se passa pour les couronnes ; à en juger par le début du De corona, tout le monde dans l'Eglise n'en trouvait pas l'usage très scandaleux ; on peut, dès lors, deviner qui aura le dernier mot, de l'intransigeant polémiste ou du gros public, indifférent à un scandale qu'il ne sent pas, et qui continue à suivre, en toute simplicité, des usages courants. Minucius Félix et Clément d'Alexandrie interdisent encore les couronnes, après Tertullien, avec beaucoup de fermeté et par des arguments de sens commun tout à fait analogues aux siens ^; mais la couronne du martyre réconcilia définitivement le christianisme avec les autres ^ Bientôt