Pedag., II
2. Min. Félix, Octav., 38 : Quis autem ille, qui dubitai vernis indulgere nos floribus... his enim et sparsis utimur mollibus ac solutis et sertis colla complectimur; Clém. Alex., Pedag., II, 8, 70 et suiv. préférerait qu'on se contentât de la vue des fleurs, qu'ont prît garde à celles qui sont consacrées aux dénions; il admet cependant qu'on en respire le parfum, mais il proscrit absolument les couronnes, dont la fraîcheur et l'humidité, sont d'ailleurs nuisibles au cerveau.
3. Voy. Pontius, Vita et pass. S. Cypr., VII : Potuisset quidem tune pro vclocitate qua semper omnia consecutus est,etiam martyrii circa cum débita corona properare. Acta SS. Fructuosi, etc., IV (Ruinart) : Igitur in fore amphitheatri constitutus, cum iam prope essct, ut ingrederetur ad coronam immarcessibilem. Pass. SS. Jiicobi, Mariani, etc., XI (Ruinart) ; Jacobus raconte un songe qu"il a eu : adcucurrit nobis obvius puer, quem constabat esse alterum ex geminis ante triduum cum matre passis, corona rosea (un ms. porte aiirea) collo circumdatus et in manu dextra pahnam viridissimam praeferens. Des sarcophages nous montrent les Apôtres présentant des couronnes au Christ : Le Blant, Sarcophages, pp. i34, 160.
5o8 CHAPITRE XVIII
la couronne royale sera admise sans difficulté et toutes les couronnes reprendront, dans le culte chrétien, la place qu'elles tenaient dans les cérémonies païennes '.
De même, FÉglise est devenue, en pratique, indulgente aux artifices de la toilette capillaire, et cependant les premiers chrétiens s'en sont beaucoup souciés. Les païens eux-mêmes, si nous en jugeons par Lucien, s'en occupaient également, de sorte qu'en ceci, comme en beaucoup d'autres choses, les chrétiens n'auraient fait qu'entrer dans les préoccupations courantes, en y ajoutant leurs idées propres, en les corsant de leurs arguments spécifiques \ l.es païens n'étaient pas sans quelque penchant à croire à une sorte de vertu magique de la chevelure, surtout de la chevelure féminine ; ils voyaient parfois en elle la puissance mystérieuse de quelque Dieu '. Les chrétiens s'attachèrent tous à cette croyance, et la précisèrent en disant : il existe un démon de la chevelure, auquel il faut prendre garde \ et auquel il ne faut rien sacrifier; c'est lui que l'on honore quand on s'efforce, par quelque teinture, de modifier l'œuvre de Dieu ; il faut donc soigneusement éviter cet artifice et savoir garder la dignité des cheveux blancs \ Il n'est pas décent de faire ainsi que les efféminés, qui passent leur temps à s'habiller comme les femmes, à s'épiler, à se peigner et à se teindre ^. Il con-
1 . Il n'est pas impossible même que le paia destiné à la communion ait eu la forme d'une couronne dès l'époque de Tertullien ; c'est ce qu'on peut, semble-t-il, inférer d'un texte du Liber pontificalis (Ed. Duchesne, I, pp. 6i et iSg) : Zephirinus... fuit autem temporibus Antonini er Severi... ex ea consecratione de manu episcopi iam coronam consecratam acciperct presbiter tradendam populo. Le passage est obscur, mais on ne comprendrait guère que cette corona fût autre chose qu'un pain.
2. Voyez, sur l'idée d'un rapport entre les cheveux et l'intelligence, que j'ai signalée plus haut chez Tertullien : Lucien, lipigr., Sy ; sur l'usage de la teinture et son impuissance à donner des illusions: Lucien, Pseiidologiste, 3i et Epigy., 38; sur la manie de changer la nuance naturelle des cheveux : Philostr., ApolL, I, i3; sur la virilité du port de la barbe : Lucien, Le Cynique, 14.
3. Le Blant, Quelques notes d\vchcol. sur la cJievelu}-e féminine. Il arrive que les bourreaux attribuent à cette puissance de la chevelure la force de résistance d'une femme dans le martyre et ils lui rasent la tctc pour vaincre le charme. (Exemple : Sainte Martine).
4. Eglogae ex Scripturis propheticis, Sg, dans les Opéra dubia de Clém. Alex. Le Blant croit que ce texte est de Tatien ; il cite, pour prouver la persistance de cette croyance au danger démoniaque de la chevelure féminine, le curieux ouvrage d'un exorciste du xvi" siècle : Hieron. Mengo, Fustis daemonorum doctrina pulclierrima in malignos Spiritus... etc., ch. xv, p. 38 de l'éd. de Venise, i683, in-8» ; Mengo considère encore la chevelure féminine comme le plus sûr asile du démon.
5. Pedag., III, 11, 63 ; Cypricn, De virg. Iiab., i5-i6 et suiv. : essayer de se teindre, c'est donner un démenti a Dieu qui a dit (Math.,V, 36) : non potes faccre capillum unum album aut nigrum; il est écrit {Apoc, I, 14) que Dieu a les cheveux blancs comme la laine et la neige et vous rougissez de lui ressembler ! Il faut expulser du troupeau des vierges celles qui ont recours à de tels artifices.