‹ TertullienChapitre 500 sur 561 · Pedag · texte numérisé non relu

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goût à Peau '. Ce dernier trait nous ramène à la perpétuelle préoccupation et au procédé toujours le même de Clément d'Alexandrie \ Il faut d'ailleurs remarquer que c'est là un simple avis qu'il donne; l'interdiction qui s'en suit est, pour ainsi dire, morale et n'a point un caractère vraiment impératif. Nous ne savons pas si son conseil fut écouté, mais nous avons tout lieu de croire qu'il en fut vite de l'ameublement chrétien comme du vêtement, et que le luxe ne disparut pas pour plus longtemps de l'un que de l'autre. Les objets chrétiens d'usage courant qui nous restent n'ont rien de particulièrement original ; il est probable que les fidèles achetaient leurs ustensiles de ménage dans les mêmes magasins que tout le monde, et qu'ils y gravaient, ou faisaient graver, ensuite quelques signes distinctifs. Nous avons conservé des cuillers, des poids, des lampes, des vases à boire, des anneaux et divers autres objets qui portent le monogramme du Christ ou une inscription pieuse \ Il est même probable que, d'assez bonne heure, quand les chrétiens furent assez nombreux pour constituer une clientèle d'acheteurs considérable, les mêmes ateliers continuèrent à travailler pour les païens et pour eux, mais prirent soin de distinguer les ustensiles qui leur étaient destinés par un signe religieux quelconque ^ A part donc cette différence légère et qui ne modifiait ni la forme ni la destination de l'objet, il est probable que le matériel usuel d'une maison chrétienne ressemblait à celui d'une maison païenne.

Le chrétien va prendre son repas. Sur sa table, qui doit être très simplement servie \ quels mets peuvent paraître ? C'était là une très grave question, car les solutions diverses qu'elle comportait pouvaient, dans la pratique, conduire à de très grosses difficultés d'alimentation. Elle s'était posée dès la première heure du christianisme et avait été, en quelque sorte, une forme de conflit entre l'esprit judaïque, rigoriste, formaliste et étroit, et l'esprit chrétien beaucoup plus tolérant et plus large. Convenait-il de maintenir les restrictions de la Loi juive, ou, au contraire, fallait-il les supprimer et user largement de la création tout entière ? Ce problème s'aggravait tout de suite de cet autre : quelles précautions prendre contre

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