Orig., C. Celse,Y[lU
2. Arnobe, Adv. Nat., I, 6 : Quodsi omnes omnino qui homines se esse non specie corporum sed rationis intellegunt potestate, salutaribus eius pacificisque decretis aurem vellent commodare paulisper et non fastu et supercilio tumidi suis potius sensibus quam illius commonitionibus crederent, universus jamdudum orbis mitiora in opéra conversis usibus ferri tranquillitate in mollissima degeret et in concordiam salutarem incorruptis foederum sanctionibus conveniret. — Optât de Milève en viendra à dire que l'Empire est l'asile des offices sacrés, de la pudicité et de la virginité, toutes choses qui ne se trouvent pas chez les barbares et qui n'y pourraient demeurer en sûreté si elles y étaient (Optât, De schism. Don., III, 3).
3. Voir, sur ce point, les légendes relatives au christianisme de Philippe et notamment : Vita et Passio S. Pontii, 10 et ss. après Baluze, Miscel., I, pp. 3o et s.
4. Sur l'impression produite sur les chrétiens par le triomphe, voy. particulièrement Const. apost., VI, 24; chapitre intitulé : 8ti xai Sià 'Pwixattov eu5()itT,a£v ô Kuptoç Tàv TTjÇ 5ixa'.oaûvT,ç v6[j:ov sTctôsixvuffSai. Ce passage est visiblement postérieur au triomphe. Ce sont alors les païens qui continuent à affirmer qu'il y a incompatibilité fondamentale entre le christianisme et l'Empire. Sur ce point : Augustin, Epist., III, cxxxvi, 2; Augiistino Marcellinus, pour le prier de lever les derniers doutes d'un païen. A diverses objections, ce païen ajoute celle-ci : Tum deinde — dit-il — quod eius (du Christ) praedicatio atque doctrina, reipublicae moribus nuUa ex parte conveniat; il démontre, par exemple, que le christianisme interdit la guerre et partant la défense de la patrie, saint Augustin dans sa réponse [Ep., III. cxxxvni), explique qu'il faut entendre toutes ces restrictions selon l'esprit et non selon la lettre. Voir, d'ailleurs, la conclusion de la première partie de cette Étude.
5. Il ne faut pas oublier que les chrétiens produisaient sur l'Empereur l'impression d'une vaste société secrète et que quelques expressions qui leur étaient familières, comme le règne de Dieu, le fils de David etc., pouvaient lui faire croire qu'il s'agitait, parmi ces exaltés, quelque ténébreux dessein politique. Un mot Aqs Actes des apôtres laisse entendre que les Juifs n'étaient pas fâchés d'accréditer cette illusion. AThessalonique, ils essaient d'exciter les magistrats contre Jason, l'hôte de saint Paul, et ils leur disent : y.al ou-coi itavuei; àTrévavTi tûv Soy- [làTiov Kaiffapoî -pâaso'jff'.v, pasi^^sa à'xepov ^.iyovTE; slvai 'lT,aoûv {Actes ap., XVII, 7). On sait que Domitien fut ému par des bruits semblables, qu'il fit venir du fond de la Judée des parents de Jésus, qui y vivaient encore, et qu'il ne les renvoya qu'après que leurs propos, qu'il jugea incohérents, et leurs mains calleuses, l'eurent dûment rassuré : GsqU, Domitien, p. 3i3.
de diminuer son pouvoir et elle abonde dans le sens de ses aspirations plus ou moins secrètes. Le christianisme — ou du moins l'Eglise — et l'Empire sont faits pour s'entendre, mais le moment n'est point encore venu et Tertullien le sait. Il conçoit donc quelque chose d'absurde, quand il réclame une distinction nette et un bon accord complet entre Dieu, dont les exigences sont nombreuses, impérieuses, surtout exclusives et l'Empereur, qui, tout en étant délégué de Dieu, ne croit pas en lui, ne lui rapporte pas sa puissance et n'est point disposé à reconnaître d'autres droits que les siens propres.
IV. — Tertullien ne ménage pas les protestations de fidélité à l'Empereur, jusque dans ses ouvrages secrets : rien ne peut faire croire, par conséquent, qu'il n'est pas sincère en les faisant '. Il s'efforce même de démontrer qu'il n'est pas possible que le chrétien ne pense pas de l'Empereur ce que lui-même en dit ^ Comment, en effet, le chrétien, qui n'est l'ennemi de personne, pourrait-il l'être de celui que Dieu a choisi pour régner ici-bas '? L'élu du vrai Dieu n'est-il pas bien plus l'Empereur des chrétiens que celui des païens ^ ? Emporté par son sujet, Tertullien se laisse aller à écrire quelques phrases sentimentales qui nous semblent forcées, mais qui sont tout de même assez curieuses, en ce qu'elles rappellent le mot de Pline le Jeune que je citais plus haut \ Sans doute, disent-elles, il ne faut pas refuser à l'Empereur le titre de Dominus, car il a le droit de le porter, à la condition, bien entendu, qu'il ne lui soit point attribué dans le sens qu'il revêt quand il s'applique à Dieu ; qu'il le porte donc commimi more ^ ; mais comme il vaudrait mieux que le père de la patrie se contentât de ce doux nom depère^ que lui donnerait l'amour de ses enfants'!