Ad ux., II, 4 ; g
5. Evodius, Uzalensis episc, ap. Aug., Ep., III, i63, 2, nous raconte la mort d'un jeune chrétien : il veut s'endormir dans le Seigneur au chant des psaumes.
6. Voy. part. Dict. des Ant., p. i386 art. Fiauis et Bibliogr.\ en vulgarisation: Thomas, Rome et l'Empire, p. 124 et s.
7. Voy. l'art. Fiinus précité, p. 1402, qui donne, n. 23, les indications bibliographiques essentielles.
sieurs de ses dispositions, essayé de le limiter. Sous l'Empire, le crédit de la vieille loi se perdit tout à fait, et les grandes familles, au moins, s'abandonnèrent, pour honorer leurs membres défunts, à un luxe inouï. Mais ces manifestations de la vanité n'étaient que l'exagération d'un principe toujours admis : sauf certains cas prévus par le droit pontifical et toujours plus ou moins aisés à tourner, il fallait qu'un mort reçût une sépulture légitime, ou qu'on célébrât pour lui, si son corps n'était point retrouvé, une cérémonie régulière ; qu'on lui élevât au moins un cénotaphe. C'était seulement par un manque scandaleux de piété et de pitié, en même temps que par un dédain stupéfiant de la salubrité publique, qu'on jetait aux pourrissoirs (puticuli) les cadavres des esclaves et des miséreux, que ne réclamaient ni parents ni associés de quelque collège. Uhumilior retrouvait ainsi, jusque dans la mort, l'inégalité qui le poursuivait durant toute sa vie. A priori, on peut supposer que le chrétien, absolument détaché de son corps, s'efforçant, durant toute son existence terrestre, de le tenir en servitude, ne se soucie pas profondément de savoir ce qu'il deviendra quand l'âme l'aura quitté. Cette croyance fondamentale, fortement affirmée par Tertullien, séparait tout à fait le christianisme des vieilles idées sur le séjour de l'âme dans le tombeau, sur ses attaches avec son compagnon périssable'. Mais l'indifférence chrétienne pour les honneurs funèbres ' ne pouvait aller jusqu'au mépris théorique, encore moins jusqu'au dédain pratique, pour la décence de la sépulture : une telle idée n'eût été ni antique, ni même naturelle. En fait, bien qu'elle ait été préconisée par de saints personnages ^ elle rencontra parmi les chrétiens une répugnance extrême, et ne parvint pas à s'implanter chez eux normalement. Ils modifièrent les rites funéraires, mais ils conservèrent d'une manière générale l'antique respect pour les morts et leur sépulture ''.