Le Blant, Sarcoph. clirét., Introd., p. 11 et s
6. « Heureux qui a mérité d'être conduit au Seigneur par deux martyrs! » C'est en ces termes que s'exprime une inscription de Vcrceii, citée par Pératé, p. i52, qui les rapproche justement d'une figure du cimetière d'Hermès (Bosio, p. 565), laquelle représente l'âme chrétienne conduite par deux saints au tribunal du Christ.
7. Cela ne se fit pas sans résistance de la part du gouvernement, ni même sans opposition de la part de l'Église; mais la loi laïque et les prescriptions ecclésiastiques demeurèrent impuissantes : Code Theod., IX, xvii, 6; Code Justin.,
Au temps de Tertullien, nous n'en sommes pas là, mais la mort du chrétien le singularise nettement parmi les païens. Son corps n'est pas brûlé ; il n'est point accompagné à sa dernière demeure par le cortège ordinaire des funérailles et les naeniae des païens ; mais il l'est par ses frères, qui accomplissent autour de lui, et en son honneur, des cérémonies purement chrétiennes ; il ne repose pas dans la môme terre que les païens; enfin, sa tombe se distingue de la leur par la simplicité et la brièveté de ses inscriptions. Quelque figure symbolique, un nom, une date qui indique, non pas toujours le nombre de Jours que vécut le défunt sur terre, mais celui des jours qu'il passa dans la foi, une formule, affirmant l'espoir du repos éternel, ou celui de la résurrection future ', voilà ce que portent ordinairement les marbres chrétiens vraiment antiques, au contraire des pompeuses formules et des longs détails des notables épitaphes païennes ^ .
Si nous prenons le type du chrétien moyen qu'admettaient Tertullien et, avec lui, le plus grand nombre des Pères, il ne semble pas que sa vie extérieure, celle de la rue, l'éloignàt radicalement des païens; il y avait entre lui et eux plus d'une ressemblance d'habitudes et de mœurs journalières. Il semblerait donc qu'il fût possible, avec un peu de bonne volonté, de fonder une tolérance qui rendît tout à fait normale cette vie côte à côte des fidèles et des infidèles ; seulement, comme il était difficile d'imaginer deux existences parallèles et sans pénétration réciproque, l'une chrétienne, l'autre païenne, il nous faut chercher si le christianisme laissait aux hommes qui suivaient sa loi, la possibilité d'un contact avec les païens, plus intime que celui de la rue ou du marché.
III. — Nous avons déjà vu que, selon Tertullien lui-même, il était permis aux chrétiens d'assister aux fêtes domestiques des
I, H, 2 ; Le Blant, Inscr. chrét., II, p. 223. Sur cette question de l'envahissement de rÉglise par les tombes, voy. Le Blant, Epigy. chrét., p. 144 et s. et surtout Inscr. chrét., I, n°492 et n., qui est une véritable dissertation sur le sujet; voy. également, du même. Actes des mart., sect. II, § 80, p. 216.