‹ TertullienChapitre 521 sur 561 · De mor. eccles. cathoL, I · texte numérisé non relu

De mor. eccles. cathoL, I

4. De fide et operibus, XIX, 35 : ...Quae nostris temporibus iam non putantur esse peccata; quoniam rêvera in Novo Testamento nihil inde praeceptum est et ideo aut licere creditum esse aut vel dubium derelictum.

de grandes autorités, n'allait pas tarder à reprendre l'avantage. S. Ambroise le soutient déjà ' ; S. Zenon l'appuie avec son ordinaire âpreté; il constate avec douleur que les vierges chrétiennes ne reculent pas devant un mariage païen \ et il fulmine, reprenant, en les amplifiant, les expressions de S. Cyprien. Il n'en trouve aucune assez forte pour flétrir dignement ces pécheresses [quae enim vox^ quae increpatio bas condigne possit arguere) ; leur déshonneur est sacrilège ; elles attachent [addicunt] leurs membres à des esclaves du diable ; elles ouvrent tout large le temple de Dieu à des profanes ; elles ont pour demeures des sanctuaires de démons et non des maisons ^ Plus loin, il insiste, comme l'avait fait Tertullien, sur l'impossibilité pour la chrétienne de vivre dans un tel mariage et d'éviter le sacrilège \ et il conclut en recommandant de fuir ces unions périlleuses : « Ne sois pas sacrilège, ne trahis pas la loi. Pourquoi épouser un profane quand tu peux te marier avec un chrétien ^? » Cependant, il y avait un argument pratique que beaucoup de pères chrétiens se donnaient sans doute : il y a trop de vierges chrétiennes et il faut bien les marier. Le concile d'Elvire répond que ce n"est pas là une bonne raison et son xv= canon interdit les mariages avec les païens, comme le xvi= prononce cinq ans d'excommunication contre les parents qui donneraient leur fille à un juif ou à un hérétique ^ Le concile d'Arles étend le châtiment à l'épousée elle-même \ Ce châtiment n'est, d'ailleurs, qu'une exclusion temporaire de la communion, ce qui prouve que le délit se commettait souvent encore; mais l'Église n'est décidément plus favorable à l'expérience qui avait peut-être été, somme toute, plus utile au recrutement du christianisme que dangereuse à la foi ^

1. De Abraham, I, g, 84 : Cave christiane, gentili aut ludaeo filiam tuam tradere. Cave inquam, gentilem aut iudaeam atque alienigenam, hoc est haereticam et omnein alienam a fide tua uxorem arcessas tibi. Prima coniugii fides castitatis gratia est.

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