‹ TertullienChapitre 522 sur 561 · I, Tract., VIII, g · texte numérisé non relu

I, Tract., VIII, g

5. Loc. cit. Noli esse sacrilega, noli proditrix legis. Profano cur nubas, cum possis nubere christiano ?

6. Conc. Eliber., XV, ap. Mansi, II, p. 8 : Propter copiam puellarum, gentilibus minime in matrimonium dandae sunt virgines christianae, ne aetas in flore tumens in adulterio animae resolvatur.

7. Conc. Arelat., XI, ap. Mansi, II, p. 472 : De puellis fidelibus qua: gentiilbus iunguntur plaçait ut aliquanto tempore a communione separentur. V03'. également Conc. Laod., X et XXXI, ap. Mansi, II, p. 566 et 56g.

8. A l'occasion et pour un intérêt déterminé, lÉ'glise fera fléchir ses préférences : le mariage du païen Clovis avec la catholique Clotilde en est une preuve entre plusieurs autres.

II est même vraisemblable qu'il y avait eu, dès le premier jour, un courant d'opinion favorable à la séparation des époux quand l'un des deux refusait de suivre l'autre dans la foi ; la consultation personnelle que S. Paul donne aux Corinthiens semble bien avoir ce sens et nous devinons que c'est le seul respect de l'Apôtre qui empêche Tertullien de renchérir sur ses prescriptions à ce sujet. Clément d'Alexandrie observe la réserve de Tertullien, mais il entend bien que la femme chrétienne doit essayer de gagner son mari païen, et qu'elle ne lui obéit qu'en ce qui ne touche ni à sa vertu ni à son salut ; tant pis pour lui s'il s'impatiente et la chasse : il chassera avec elle la justice et la pudicité (oaatoo-ùvri xaî (TWîfpoTJv?) '). La question semble s'être posée avec une particulière netteté à l'époque de S. Augustin, qui l'aborde avec quelque hésitation ^, et l'esquisse plutôt qu'il ne la résout ; il se contente de dire qu'en définitive, l'Apôtre a soin de ne donner que son avis personnel et qu'en conseillant aux époux de rester ensemble si la foi gagne l'un deux, il ne l'ordonne pas. Autrement dit, chacun demeure libre d'agir à sa guise et sous sa responsabilité propre. Ailleurs, dans une lettre qui est une véritable consultation \ S. Augustin se range encore derrière S. Paul, en insistant toutefois sur cette idée que la foi passe avant tout, et qu'il n'en faut rien sacrifier au désir de conserver l'union conjugale.

Sur cette question des mariages mixtes, il est donc resté quelque incertitude dans la tradition chrétienne, et il y eut probablement, dès les premiers âges, des solutions différentes. Ce fut la plus rigoureuse qui finit par l'emporter. Les raisons de cette hésitation et de cette rigueur définitive se voient aisément. Dès le début de la vie chrétienne, l'intransigeance de la foi ne pouvait que s'effaroucher à la seule idée d'un mariage avec les infidèles, qui, de leur part, ne devaient guère s'y prêter davantage, étant donné le discrédit dans lequel l'opinion vulgaire tenait les chrétiens. La question, en tant que question générale, méritant une solution générale, ne se posait même pas. Au contraire, comme la foi faisait, dès lors, des progrès capricieux, je veux dire qu'elle était adoptée par les uns et dédaignée par les autres, selon des dispositions préalables, qui n'étaient pas toujours les mêmes chez le mari et la femme, il convenait de ne pas élever de trop dangereux conflits entre elle et les affections séculières. Si difficile que fût la chose, une femme qui devenait chrétienne pouvait continuer à aimer son mari, même

i.Clém. Alex., Strom.^W, 19, i23.

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