‹ TertullienChapitre 546 sur 561 · Adv. Graec · texte numérisé non relu

Adv. Graec

2. Voy. simplement dans l'cJ. Mignc I, col. 209 et s. celle de ses Proverbiales formulae .

pas un facteur d'idées nouvelles, en ce qui regarde les questions que nous avons examinées.

Pourquoi n'est-ce pas l'impression qu'il produit d'abord et pourquoi n'est-ce pas l'opinion qu'on a de lui généralement ? C'est que ses sentiments sont déjà dans l'Église orthodoxe de son temps une sorte d'anachronisme et qu'il demeure dans notre esprit quelque incertitude sur sa véritable position par rapport à cette Église. La tradition ecclésiastique lui a été particulièrement indulgente.^ Elle a, sans doute, éliminé ses traités les plus scandaleux ', elle a condamné celles de ses idées qui étaient manifestement hétérodoxes; mais elle a fait plus qu'admettre les écrits qui n'étaient point entachés d'hérésie, elle a continué à faire des emprunts même aux autres. Cette bénévolence de faveur, qui s'explique et par l'ardente conviction chrétienne de Tertullien et par son talent, a tout de même créé un malentendu : nous imaginons volontiers qu'il est un Père de l'Église comme les autres, qu'il est dans l'Église. Or rien n'est moins sûr. Ce n'est pas seulement sur quelques points qu'il est entré en désaccord avec elle, il l'a attaqué très directement ', car, par psychiques, il entend ceux qui suivent les voies ordinaires de la foi, la discipline ecclésiastique; plus même, il l'a niée le jour où il a proclamé qu'elle était là où étaient trois chrétiens, fussentils trois laïques \ Horrible proposition! s'écrie un commentateur, qui frémit aux dangers qu'elle recèle pour l'Église * Les évêques du 111= siècle n'ont certainement pas été moins émus, songeant que le même homme disait : « L'Église, ce n'est pas la collection des évêques, c'est l'Esprit ^ ». Il nous faut donc croire que l'Église orthodoxe l'a écarté tout à fait à partir de sa chute, mais, en réalité, il était virtuellement séparé d'elle dès ses premiers écrits. L'incertitude qui demeure sur la chronologie de son œuvre ajoute encore, d'ailleurs, à la difficulté que nous éprouvons à le situer exactement par rapport aux orthodoxes, sur les questions qui ont fait l'objet de notre étude. Ce qui paraît certain, c'est que la tradition dont il incarnait l'esprit n'était plus intégralement représentée à son époque que par des hérétiques hors de l'Église, difficiles à connaître pour nous, souvent, j'imagine, indécis et douteux durant un temps plus ou moins long, aux yeux de leurs contemporains

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