August., De unitate Ecclesiae, I
2. Marignan, La foi chrétienne au iV siècle, Paris, 1887, in-8.
CONCLUSION Sg?
nions relativement à l'issue de la lutte engagée entre la foi et le paganisme. Les uns croient que la vérité triomphera ici-bas de Terreur, que l'Église sortira victorieuse de l'épreuve divine et qu'elle fera la conquête de l'Empire, en un jour plus ou moins prochain. Les autres ne croient réellement pas à cette victoire, ou ils n'osent l'espérer et ils la reportent dans l'au-delà de la vie, ce n'est qu'à la fin des temps, au pied du tribunal de Dieu que la foi vaincra. C'est la première opinion qui est nécessairement celle de l'Église, à part les heures de crise où l'excès des maux entraîne le découragement; c'est la seconde qu'adopte Tertullien et il est logique en s'y attachant, car, si le monde doit finir demain, il n'y a guère apparence que l'Empire ait le loisir de devenir chrétien : n'est-ce pas une raison suffisante pour qu'il ne lui offre pas de concessions? Toutefois, il n'est pas si étranger à son temps que le grand courant qui porte inconsciemment l'Église vers le régime constantinien ne l'entraîne pas quelque peu et, si inévitable est le compromis fondé en 3i3, que nous en entrevoyons chez lui même quelques éléments. Il ne s'avoue pas qu'il est débordé, mais il l'est, il en a la vague impression et c'est en vain qu'il lutte pour rester dans la pure logique du christianisme. Avec lui disparaît un des derniers soutiens de l'idéal merveilleux et inaccessible, qui fut celui des chrétiens de la première heure, et son œuvre représente un des plus vigoureux efforts qui aient été tentés pour le soutenir quand même, contre les hommes, contre la vie et, au besoin, contre l'Église.