PREMIERE PARTIE. — L'EMPIRE
I. — La domitiation romaine ; l'Empereur et le régime impérial, i et ss.
Chapitre I. — La domination romaine : i. — La romanitas et TÉtat romain au début du m" siècle, 3. — Pourquoi il faut déterminer tout d'abord ce que TertuUien pense de la domination romaine, du pouvoir impérial, des empereurs et du gouvernement romain, 4.
II. — La domination romaine, 4. — Les idées des Romains sur ses caractères et sa durée, 4. — Opinions des chrétiens sur le même sujet, antérieurement à TertuUien, 5. — Le point de départ de TertuUien : l'Empire est l'œuvre de Dieu, 5. — Il réclame pour le chrétien la qualité de Romanus, 7. — Portée de cette réclamation, 7. — TertuUien n'a pas l'esprit romain, 7. — Son opinion sur les origines de Rome, 7. — A-t-il quelques tendances séparatistes, 8 ? — Son opinion sur la durée de l'Empire, qui ne doit finir qu'avec le monde, 9. — Ce qu'il pense de la distinction fondamentale entre le Romain et le Barbare : égalité et fraternité des hommes en Christ, 10. — Idée de la conquête du monde par le christianisme, 12.
m. — Évolution des idées chrétiennes sur la domination romaine, postérieurement à TertuUien, i3. — L'Empire chrétien, 16. — Sentiments populaires, 17. — Conclusion, 20.
Chapitre II. — Le principe du pouvoir impérial et l'Empereur : 1. — TertuUien ne pose pas la question et accepte le fait accompli de par Dieu, 21. — Pourquoi il faut déterminer ce qu'il pense du fondement et de l'étendue du pouvoir impérial, 22.
II. — Opinions des Romains sur ces questions, 22. — Le césarisme et la fiction de la délégation à l'Empereur de la souveraineté populaire, 22. — Le pouvoir impérial fondé réellement sur la force, mais insuflisancc
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théorique d'un tel fondement, 2 5. — Évolution du césarisme vers la monarchie sacrée, 26. — Divinisation de l'Empereur mort et culte de l'Empereur vivant, 26. — Omnipotence sans contrôle de l'Empereur Dieu et Maître, 3 1.
III. — Coup-d'œil d'ensemble sur les idées de Tertullien en la matière ; elles sortent de la tradition apostolique et sont celles des apologistes chrétiens, ses prédécesseurs, 33. — Elles modifient la conception romaine du pouvoir impérial, sans cependant diminuer la force de ce pouvoir, 35.
— En quoi elles impliquent l'hérédité et supposent la transformation de l'Empire par adoption du christianisme, 36. — Opinions de Tertullien et des chrétiens en général sur cette transformation, 38. — Étude du texte de V Apologétique qui suppose qu'il y a incompatibilité entre la dignité impériale et la qualité de chrétien, 38. — Pourquoi Tertullien recule dans un avenir sans limite l'entente entre le christianisme et l'Empereur, 42. — Ce que les chrétiens pensèrent après lui de cette conception, 42. — Le point de vue de l'Empire, 43.
IV. — Tertullien et les obligations générales des sujets de l'Empereur., 44.
— Il proteste de sa fidélité ; comment il entend la manifester, 44. — Les restrictions de Tertullien, 45. — Reproche d'illégalité qu'il fait à l'Empereur, 46. — Principe d'une distinction entre les divers Empereurs, 46. — Le génie de l'Empereur et la question de sa divinité ; les chrétien?, sonx inreligiosi in Caesares, 46. — Gomment Tertullien essaie de pallier leur abstention sur ce point, 49. — Conseils précis qu'il leur propose pour éviter l'idolâtrie et en quoi s'en trouve modifiée Fimpression que donnent ses protestations générales d'obéissance et de soumission, 5i. — "Véritable position du chrétien dans l'Empire, selon Tertullien, 5i.
V. — Évolution des idées chrétiennes sur ce sujet, après Tertullien, 52. — Persistance de l'opposition entre la souveraineté des hommes et celle de Dieu, 54. — L'Empire chrétien, 57. — Comment s'établissent alors les rapports entre l'Église et l'État, 57. — Incom'énients qui en résultent pour le christianisme, 59. — Conclusion, 60.
Chapitre III. — Les Empereurs : i. — Tertullien prétend établir une distinction au moins entre les Empereurs morts, 61. — Son principe pour la fonder : il considère la conduite de chaque Empereur à l'égard des chrétiens, 62. — Rapports entre sa classification et celle que les Romains font euxmêmes de leurs princes, 63. — Point de vue des premiers apologistes du christianisme : ils sont portés à prêter aux Empereurs jugés bons par les Romains, des sentiments de bienveillance ou de tolérance envers les fidèles, 63. —Tertullien semble se laisser également aller à cette tendance, 64.
II. — Opinions générales de Tertullien sur les divers princes qui ont vécu avant lui, 64. — La question des premiers rapports du christianisme et de l'Empereur, 64. — La légende de Tibère et les Actes de Pilate, 65. — Le christianisme sous les premiers Césars, 67. — Les mauvais Empereurs : Néron et Domitien, 68. — Silence de Tertullien sur Commode; ses raisons, 69. — Les bons Empereurs : Vespasien; les Antonins, 70. — Contradiction entre les opinions de Tertullien et celles qui sont courantes dans l'Eglise, particulièrement surTrajan et Marc-Aurèle, 72. — Sens du mol persécution, y3. — La question de la persécution de Trajan,
TABLE ANALYTiQtfE DES MATIÈRES 6o I
75. — Étude de la lettre de Pline, 76. — Le rescrit ^e Trajan, 89. — Le témoignage de Tertuilien sur ces deux documents, 96. — La persécution de Marc-Aurèle, 94. — Le rescrit du Digeste, gS. — La Lettre des églises de Vienne et de Lyon, 100. — Opinion de Tertuilien sur Sévère, 1 1 1. — La persécution de Sévère, 1 1 1 . — L'édit de Spartien, 1 13. — Dans quelle mesure semble-t-il authentifié par les faits et par le témoignage des contemporains, 116? — Les témoignages indirects de V Apologétique et de VAd Scapulam, 119. — Conclusion à tirer de ces discussions relativement au vrai caractère des premières persécutions, selon Tertuilien, 121.
m. — Conséquences pratiques des distinctions que Tertuilien établit entre les Empereurs morts, 122. — Comment elles pourraient s'étendre aux Empereurs vivants et pourquoi elles ne s'y étendent pas, 122. — La doctrine de la soumission et celle de la vengeance divine, 122. — En quoi les sentiments intimes de Tertuilien à l'égard de l'Empereur vivant peuvent différer de ceux qu'il affiche, i23.
IV. — Opinions chrétiennes postérieures à Tertuilien sur les divers empereurs, 123. — L'accord n'est point complet sur les vieux princes, mais le principe de distinction s'affermit, 124. — Acuité de plus en plus grande des sentiments de haine contre les persécuteurs avant le triomphe et après le triomphe, 124. — Indulgence officielle pour les princes favorables à l'Eglise. — La légende-type de Constantin et les imprécations de S. Hilaire contre Constance II, 126. — Conclusion, 128.
Chapitre IV. — Les organes généraux de l'Empire : i. — L'Empereur n'est pas pratiquement tout dans l'Etat, 129. — Le gouvernement, la loi et les magistrats, 129. — Sentiments des chrétiens sur le gouvernement en général et sur le gouvernement romain en particulier, antérieurement à Tertuilien, 129. — Comment les expliquer, i3o. — Difficultés que présente leur détermination, i3o.
H. — Le Sénat et le peuple romain ; sentiments de Tertuilien à leur égard i3i. — La loi, la divine et l'humaine, i32. — Leur opposition possible, i32. — La loi injuste; le chrétien ne lui doit pas obéissance, i33. — La justice romaine et les magistrats, 134. — Double courant d'opinions parmi les fidèles sur le respect qu'un chrétien leur doit et l'usage qu'il en fait, 134. — Opinion de Tertuilien sur la justice romaine, prise en elle-même, 134. — Sur ses procédés à l'égard des chrétiens, i35. — Sur les magistrats, i36. — Idée de la séparation complète du christianisme et de la justice de l'État, 137. — Pourquoi Tertuilien demeure indécis, 137.
III. — Évolution des sentiments chrétiens au sujet du gouvernement, sous l'influence de l'Église, i38. —Adaptation de l'Église à l'Empire, 139. — Comment le principe d'autorité est fortifié dans l'État par le christianisme officiel, 139. — Le gouvernement protégé par l'Église et auxiliaire de l'Église, 140. — La loi, la justice et les magistrats aux yeux de l'orthodoxe, après cette entente, 140. — Conclusion sur la place de Tertuilien dans cette évolution, 144.
IV. — Impressions d'ensemble qui ressortent de l'étude des sentiments de Tertuilien à l'égard de l'Empire, de l'Empereur et du gouvernement impérial, 145. — En quoi et pourquoi l'expression de ces sentiments laisse à désirer, 145. — Tertuilien marque cependant une opposition fondamentale de principes entre l'Empereur et le christianisme, 143. —
6o2 TABLE ANALYTIQUE DES MATIÈRES
Opinions qu'il peut avoir sur les résultats humains du gouvernement impérial, 145. — Les choses vont-elles bien ou mal ici-bas, 146? — Les maux du monde et la part qu'en ont les chrétiens, 146. —Comment ceuxci expliquent leurs infortunes et pourquoi ils sont portés à exagérer les maux du monde : le pessimisme chrétien, 146. — Impressions diverses que donnent, à ce point de vue, le De pallio, VAd Scapulam et le De pudicitia, 148. — Qu'en conclure, i5o? — Persistance du point de vue de Tertullien, i5o.
n. — Les chrétiens et les résistances à l'Empire, i5i et ss.
Chapitre V. — La persécution. — Les troubles et les révoltes : i. — Les chrétiens ne sont pas heureux dans l'Empire, i5i. — Peuvent-ils résister par la force aux maux qu'ils y endurent, i5i ? — Tertullien ne le pense pas ; pourquoi, i5i ?
11. — La persécution. — D"où tire-t-elle son origine aux yeux des chrétiens, i52 ? — Difficultés que soulève cette question, qui revient à déterminer la part de Dieu et la part du diable dans la persécution, i52. — Selon Tertullien, la persécution vient de Dieu, mais elle est conduite par le diable, i54. — 11 ne faut ni lui résister, ni s'en racheter, ni la fuir, 154. — 11 faut se préparer à la subir, i55. — Tertullien ne prêche pas la recherche du martyre, i56. — Véritable caractère de sa soumission : la vengeance divine, récompense et raison d'être de la patience chrétienne, iSy. — Comment cette doctrine ne s'accorde point avec celle de l'origine divine delà persécution, i58.
ni. — Évolution des idées chrétiennes après Tertullien : — 1° sur la nature et l'origine de la persécution; 2° sur la résistance qu'un chrétien peut lui opposer; 3° sur les diverses manières de l'éviter; les libellatiques et les fuyards, i58. — Les fervents du martyre, 167. — Les opinions moyennes; rôle que joue l'Église dans leur fixation, 168. — Place qu'y occupent les idées de Tertullien, 169.
IV. — Les troubles et les révoltes dans l'Empire. — En quoi les chrétiens pouvaient être dangereux, 170. — Us s'écartent en principe de toutes les intrigues. — Ils s'inclinent devant la révolte triomphante parce que le succès affirme la volonté de Dieu. — Mépris chrétien pour les agitateurs et les intrigants, 170. — Opinions très nettes de Tertullien à ce sujet, 171. — Les chrétiens ne sont jamais mêlés à aucune révolte; on ne les a jamais vus parmi les partisans de Niger ou d'AIbinus, 171. — Caractère un peu absolu de ces affirmations, 172. —Commodité de la doctrine du « signe » de Dieu, ij3. — Traditions et opinions chrétiennes postérieures à Tertullien sur les troubles et les révoltes, 174. — Comment s'altèrent peu à peu, et par la force des choses, les vieilles idées chrétiennes d'abstention en matière de troubles et de révoltes, 174.
v, — Conclusion. — Caractère essentiel de la soumission de Tertullien : la passivité, 175. — Les chrétiens ne se défendent que par la parole et par la plume, 175. — Comment on entrevoit la possibilité pour eux de servir l'État dans certaines limites, 175.
m. — Les chrétiens et le service de l'Empire, 177 et ss. CiiAi'iTRK VI. — Le patriotisme et les traditions romaines : i. — H laut rendre
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à César ce qui est à César; importance de cette prescription évangclique, 177. — Nécessité pour un Romain de servir l'État; c'est un devoir absolu, 177.
n. — Le patriotisme. — L'amour de la patrie et l'amour de la ville natale pour le Romain, 178. — Son horreur de l'exil, 178. — Le patriotisme s'élargit chez certains païens jusqu'à l'amour de l'humaniié entière, 178.
— Le christianisme se détache du patriotisme en se détachant de la terre, 179.
III. — Ce point de départ s'impose nécessairement à Tertullien, 179. — Il réclame cependant la qualité de Romain, 180. — Il affirme en même temps que le chrétien est étranger à la terre, 180. — Comment la fraternité chrétienne se substitue au patriotisme romain, 180. — Disparition du patriotisme local pour les raisons qui tuent l'autre, 181. — Indifférence à l'exil, 181.
IV. — Les idées de Tertullien ne sont point singulières sur ce sujet, 181.
— Elles persistent parmi les fidèles, malgré les tempéraments que l'Église officielle apporte à leur application, 182.
V. — Les traditions romaines. — En quoi elles consistent ; leur force et leur persistance, i83. — Les chrétiens s'éloignent d'elles, à la fois par détachement terrestre et parce qu'ils opposent la vérité à l'habitude, i85.
— Doctrine de Saint Justin à ce sujet, i85.
VI. — Tertullien voit surtout en Rome, la persécutrice, i85. — Il déteste les origines de la cité, sa religiosité, la guerre sur lesquelles elle a, diton, fondé sa puissance, i85. — Le chrétien doit se retirer de toute joie nationale et publique, 186. — Secessi de populo, 187.
vu. — Les jugements chrétiens sur les traditions romaines restent nécessairement sévères, 187. — La vérité divine en face de la tradition, 188.
— La Rome chrétienne, 188. — Conclusion sur l'attitude de Tertullien vis-à-vis de l'Empire qu'il lui faudrait servir, 188.
Chapitre VII. — Le service militaire, le service civil et l'impôt : 1. — Incompatibilité foncière de l'esprit militaire et du christianisme, 189. — Importance pratique pour l'Empire de l'acceptation ou de la non acceptation du service militaire par les chrétiens, 190. — Prescriptions contradictoires de l'Évangile, 191. — Elles causent des divergences d'opinion et d'attitude parmi les fidèles, 191.
II. Tertullien se trouve en présence d'opinions également soutenables et pleinement contradictoires, 191. — Il lui est difficile de dire son avis complet : r à cause de la gravité de l'accusation à'ignavia; 2» parce qu'il y a réellement des chrétiens dans l'armée, de son temps, 192. La thèse de V Apologétique : le chrétien est soldat ; en quoi elle prête à des illusions, 192. — La thèse du De corona militis et du De idolatria : un chrétien ne peut être soldat, 193. — Elle est selon le véritable esprit du christianisme, 194.
m. — Évolution des idées chrétiennes sur la question, 195. — Rôle de l'Église : le Christ, Dieu des armées, 195. — La puissance de la pratique écrase la doctrine primitive, qui persiste cependant, quoique très affaiblie, 196. — Pourquoi elle n'a pas duré dans l'Église, 199.
,v. — La crise des charges publiques, 200. — Danger qu'elle fait courir à
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l'Empire, 200. — L'attitude des chrétiens n'est point en l'espèce réglée par les textes sacrés, 200. — La question se pose d'ailleurs tard pour les fidèles, 201. — Antécédents et exemples plus ou moins légendaires pouou contre l'acceptation des charges, 201. — En réalité, grande indécision théorique à l'époque de Tertullien, 202.
V. — Pourquoi il aborde la question, 202. — Il interdit la recherche des honneurs et des charges, 202. — Il admet que le chrétien soit magistrat, s'il peut, en l'étant, éviter l'idolâtrie, 202. — Cette réserve équivaut pratiquement à une interdiction absolue, 2o3.
VI. — La doctrine de Tertullien est logique et chrétienne, mais elle est incompatible avec la durée du christianisme, 2o3. — L'Eglise la rejette et restaure le magistrat chrétien, 204. — Concessions aux nécessités séculières qui s'imposent aux magistrats, 2o5. — L'accord n'est pourtant point parfait, entre les fidèles des premiers siècles, sur cette question, 206.
VII. — Les arguments de Tertullien contre le service militaire et le service civil ne valent pas contre l'impôt, 206. — L'Evangile s'est prononcé clairement, 206. — La tradition est fixée à l'époque de Tertullien, 206. — Il la confirme, 207. — Il est d'ailleurs impossible d'en sortir sans cesser d'être chrétien, 207.
VIII. — Conclusions sur les opinions de Tertullien au sujet des devoirs des chrétiens envers l'Empire, 207. — Ils se réduisent à l'impôt et à la prière, 207. — Les chrétiens protègent le monde contre les démons, 208. — Comment Tertullien tourne vers la défense de ses frères l'abstention qu'il leur conseille, 208. — L'Église n'accepte pas ses conclusions, 208. — Impression qu'elles produisaient sur les païens réfléchis : elles déterminaient en grande partie les jugements fâcheux qu'ils portaient sur les chrétiens, 209. — Comment les vocations particulières et le couvent applaniront toutes les difficultés, mettant d'accord les préceptes, la tradition et les nécessités séculières, 20g.
Conclusion de la première partie. — L'opposition est nécessaire entre l'Empire, qui veut vivre, et Tertullien, qui ne veut à aucun prix être distrait de son salut, 211. — Un compromis s'établira plus tard, mais le christianisme véritable en fera les frais, 21 3.