Harnack, G. A. C. L., I, p
3. Renan, Apôtres, p. 348, déclare que « l'assertion de TertuUien... ne mérite pas d'être discutée ». La vérité est que nous sommes désarmés pour le faire. En définitive, si invraisemblable que cela paraisse, il se pourrait que la pièce à laquelle TertuUien fait allusion ait réellement existé, sans que, d'ailleurs, elle ait eu les caractères et les conséquences qu'il lui prête. 11 nous est impossible d'en rien savoir.
4. Voy. partie. Tac, Ann., II, 85, et Suet., Tib., 36 : Externas caerimonias,
.(Egyptios, ludaïcosque ritus compescuit ludaeorum iuventutem per speciem
sacramenti in provincias gravioris caeli distribuit ; reliquos gentis eiusdem, vel simila sectantes urbe summovit. Il ne me paraît pas trop téméraire d'entrevoir les chrétiens sous les mots similia sectatites, puisque, selon TertuUien (.Ipo/., 21), le christianisme était encore : sub umbraculo religionis insignissimae, certe licitae, c'est-à-dire du judaïsme.
5. Adv. Jitd., passim. C'est le fond même de la doctrine chrétienne en la matière : Renan, Vie de Jésus, p. 116.
il avait pu reprendre confiance depuis. La question chrétienne ne s'était point posée sous Caligula, parce qu'il n'y avait encore sous son principat que bien peu de vrais chrétiens et l'impérial fou, dans ses prétentions à l'apothéose sur terre, ne s'était heurté qu'aux Juifs ', que Tertullien n'aime pas ^ ; aussi ne parle-t-il de lui qu'en passant, pour fixer une date '. Les Juifs qui, souvent expulsés, revenaient toujours, furent encore chassés sous Claude '', et il est certain que la police ne fît pas entre eux et les chrétiens une distinction qu'ils ne faisaient pas encore très bien eux-mêmes \ Tertullien ne dit rien de cette pseudo-persécution. C'est sous le successeur de Claude que l'Église de Rome doit subir le premier grand assaut du paganisme ^. Je n'examine pas ici l'exacte portée de la persécution de Néron, mais seulement l'opinion que Tertullien en a \
Certes Néron, sauf dans la populace, n'avait point laissé de bons souvenirs à Rome ; mais les chrétiens avaient fait de lui plus qu'un monstre, proie du démon ; les flambeaux vivants du tyran cabotin avaient produit sur eux une telle impression d'horreur, qu'ils l'avaient identifié au démon lui-même ; il était l'Antéchrist **, qui devait venir un jour lutter face à face avec Dieu. Aussi Tertullien, mis à l'aise à la fois par l'opinion païenne et par la tradition chrétienne, n'a-t-il pas à se contraindre en parlant de lui. 11 affirme qu'il a été le premier et le plus complet des persécuteurs, l'exemple de tous les autres ^, l'expression dernière de toute abo-
1. Sur ce point, voy. Delannay, Philon d'Alexandrie, Ecrits historiques, 2« éd., Paris, 1870.
2. Nombreux sont les textes qui établissent cette haine : voyez partie. Adv. Jtid., en entier; De praescrip. liaer 8 ; ApoL, 18 et 21.