‹ TertullienChapitre 7 sur 561 · INTRODUCTION VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION VII

ches, les grecs des adaptations, peut-être même des traductions de traités que nous avons conservés; on n'a pas pris soin de les répandre, parce qu'ils formaient double emploi avec des écrits plus achevés. Il est permis de supposer, par exemple, que le De super stitione saeculi, ne disait rien de plus que VAd Nationes et V Apologétique ; le De carne et anima, rien de plus que le De caîvie Christi et le De resurrectione carnis ; le De censu animae, rien de plus que le De anima. Cette hypothèse n'explique pas la perte de V Adversus Apelleiacos ou d\iDe ecstasi, par exemple, mais je supposerais volontiers que ces ouvrages ne furent pas jugés littérairement égaux aux autres, ou qu'ils contenaient des propositions si contraires à l'orthodoxie, des attaques si violentes contre l'Église, que celle-ci en favorisa la disparition. Cette dernière conclusion me paraît ressortir d'un texte de saint Jérôme pour ce qui est du De ecstasi, grand ouvrage en sept livres, qui ne se serait pas facilement perdu tout seul '.

Avant d'utiliser les œuvres de Tertullien, différentes par la date, par la portée et par l'esprit, il faudrait les classer. Il n'est pas difficile de les répartir en livres d'apologétique, de polémique, de dogmatique, de morale ; mais un tel classement n'avance pas à grand'chose ^, outre que plusieurs traités sont susceptibles de prendre place au moins dans deux classes. Un classement chronologique solidement établi aurait l'avantage de nous donner une idée exacte de l'évolution des sentiments de notre auteur. Si seulement il était possible de dire à quel moment il est devenu montaniste, puis hérésiarque, et de répartir ses œuvres en deux ou trois groupes séparés par sa chute ou ses chutes, notre intelligence de son esprit et de ses opinions y gagnerait. Par malheur ce problème chronologique est à peu près insoluble ^. Nous n'avons guère, pour le résoudre, que les renseignements que Tertullien nous fournit lui-même, en citant ses propres écrits.

1. De virisill.,2^ : Huius (Meliton de Sardes) elegans et declamatorium genus laudans, Tertullianus in VII libris quos scripsit adversus Ecclesiam pro Montano dicit, eum a plerisque nostrorum prophetam putari. Voy. Haniack, G. A. C. L., I, p. 672.

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