‹ TertullienChapitre 77 sur 561 · Boissier, op. cit · texte numérisé non relu

Boissier, op. cit

nullement décisifs. D'autre part, M. Allard ', s'appuyant sur une phrase de Suétone, croit pouvoir affirmer qu'au temps de Néron ■| l'état romain a pris des mesures générales contre les chrétiens. La loi de M. Boissier serait-elle de Néron? Seulement, ajoute M. Dupuy, qui admet l'existence de la loi, son application a été soumise aux conditions ordinaires qui régissaient à Rome celle de toute loi, en matière criminelle : elle est demeurée subordonnée à la présence d'un accusateur. Le principe ubi non est accusator non est judex, aurait été longtemps respecté, même à l'égard des chrétiens '; c'est ce qui expliquerait que la persécution n'ait pas été permanente. Ce ne sont là que des hypothèses, dont la discussion nous entraînerait trop loin et qu'il nous suffit de signaler. Ne sortons donc pas de notre texte et voyons, d'après les seules données qu'il nous fournit, si une telle loi est vraisemblable.

Que Pline n'ait jamais assisté à des instructions contre les chrétiens, qu'il ne soit pas très fixé sur la procédure suivie en ces sortes d'affaires, cela n'est pas absolument impossible et prouverait seulement que ces instructions ne s'étaient pas encore produites en nombre suffisant pour que la procédure en fût bien fixée et bien connue. Mais la loi? Pline pouvait-il ignorer la loi? Cela est, à mon sens, tout à fait impossible. On a dit ^ : Pline, quoique avocat, n'aimait pas le droit et il est toujours demeuré, de son propre aveu, juriste médiocre. Peu importe : il avait sous la main les constitutions des princes prédécesseurs de Trajan " ; il lui était extrêmement facile d'y chercher la loi en question, dont le texte ne portait aucune difficulté d'interprétation, s'il était tel que le dit M. Boissier. On peut répondre qu'en somme Pline a appliqué la loi, puisqu'après ses hésitations de procédure, il a, en définitive, puni ceux qui persistaient à se dire chrétiens. Je m'étonne alors qu'il se soit déclaré ignorant de ce qu'il fallait faire et qu'il ait prétendu ne punir que des obstinés inconvenants. Il me paraît invraisemblable qu'il n'ait pas dit : j'ai strictement appliqué la loi, mais il m'est venu des scrupules que je veux vous soumettre, etc. Car, s'il pouvait croire que l'Empereur n'approuvât pas ce qu'il avait fait, pourquoi ne pas se couvrir au préalable du texte de la loi ? Je vais plus loin; il me paraît inadmissible que Trajan qui, lui au moins, la connaissait, cette fameuse loi, n'y ait pas fait la moindre allusion dans sa réponse; puisque Pline affectait de n'en rien dire ou l'ignorait, n'était il pas à propos de lui en rappeler la lettre? Je

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