Dupuy, o;?. cit.. p
4. Quorum nihil cogi posse dicuntur, qui sunt re vera christiani. — Cette
vojr aussi; voici pourquoi : Etre chrétien, selon la conception théorique du christianisme, supposait de lourdes vertus qui n'étaient pas toujours au pouvoir de tout le monde ; plus le christianisme gagna de fidèles, plus le nombre des hommes faibles qu'il renfermait s'accrut, plus aussi se multiplièrent les démentis que les scandales individuels donnaient à la morale chrétienne. L'héroïsme de la foi, surtout, n'allait pas toujours sans défaillances et la fameuse question des lapsi, qui a tant occupé l'Église au temps de Saint Cyprien, n'a pas d'autre origine. Plus communément encore rencontrait-on des chrétiens menteurs, ou méchants, ou voleurs, ou adultères, ou affligés de quelqu'autre vice banal. De bonne heure, l'usage s'établit dans les Églises de renier ces faux frères : un chrétien, disait-on, ne saurait être criminel ou seulement pécheur endurci; qui est tel n'est plus chrétien '. Nous touchons ici au principe de l'excommunication, qui est faite pour affirmer à la face de Dieu et des hommes le retranchement du membre indigne. Or, Je vois dans les mots qui sunt re vej'a christiani comme une excommunication des faux frères qui ont renié le Christ et dont il est question dans la suite de la lettre. Réciproquement, les mots quorum nihil cogi posse diciintur, sont comme une exaltation des vrais chrétiens qui surent être constants dans la foi. Sans doute il n'est pas absolument impossible que Pline ait écrit cette phrase, s'il a été conseillé dans sa procédure par quelqu'un au courant de l'esprit chrétien; mais, si on remarque qu'elle a les apparences d'une parenthèse, que sa suppression n'altère pas le développement général, l'hypothèse que nous avançons semblera vraisemblable; nous verrons dans un instant si la suite de cet examen ne lui apportera pas quelque confirmation.
Les déclarations des apostats " ne sont pas sans nous causer de la surprise : comment, voilà des hommes qui professent une religion parfaitement morale et innocente, de leur propre aveu, et ils l'abandonnent! Ils se contentent de l'enterrer d'un bel éloge, que leur juge répète bénévolement et sans commentaires, au risque de passer pour un persécuteur de la vertu! Voilà qui est étrange; car, si on s'étonne que Pline relate une déposition si favorable à ceux qu'il a fait exécuter, il est tout aussi surprenant que,
phrase se présente en parenthèse au milieu de la précédente : je l'y ai remplacée par des points.