‹ TertullienChapitre 83 sur 561 · Voir le chapitre de cette Etude intitulé : La Morale · texte numérisé non relu

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2. Affirmabant autem, hanc fuisse summam vel culpac suae vel erroris, quod essent soliti stato die ante luccm convenire,... seque sacramento non in scelus aliquod obstringere, sed ne furta, ne latrocinia, ne adulteria committerent, ne fidem fallercni, ne depositum appcllati abncgarent.

sensible comme il l'est aux impressions morales et toujours si prêt à lancer son lieu commun vertueux, il ait laissé passer une telle occasion de s'abandonner à son faible. Comment va-t-il qualifier — un peu plus bas — do pravam et immodicam une pratique si édifiante? Tout ce petit développement a un parfum chrétien très caractérisé et ses équivalents se trouvent chez Tertullien lui-même. Peut-on affirmer qu'il soit interpolé? On peut au moins remarquer qu'il n'est pas indispensable où il est : l'enlever changerait, si l'on veut, la suite des idées; mais il y aurait tout de même une suite dans les idées. Cependant, et en définitive, rien ne nous permet d'affirmer que Pline ne se contente pas de rapporter fidèlement ce que les apostats ont dit.

Les apostats disent donc qu'ils ont cessé de se réunir depuis que le gouverneur a interdit les hétairies conformément aux ordres de l'Empereur '. On s'est étonné ' que Pline ait rendu un édit sur les hétairies et qu'il n'en soit pas question ailleurs dans sa correspondance. D'abord, il en serait ainsi que cela ne prouverait pas grand chose, car l'administration de Pline ne se retrouve pas tout entière dans ses lettres; mais une autre lettre rend le décret très vraisemblable et l'annonce presque; elle est de Trajan et il y insiste sur les inquiétudes que lui donnent les associations en apparence innocentes; il refuse même de laisser se constituer un corps de pompiers qu'il juge dangereux '\ Les chrétiens tombaient sous le coup de tout édit contre les associations non autorisées; le gouverneur a rendu un édit de ce genre; les timides ont obéi et ont cessé de se réunir : rien de plus naturel.

Pline a voulu être fixé sur l'exacte valeur des témoignages qu'il a reçus et il a fait mettre deux femmes chrétiennes à la torture ^ : il conclut qu'il n'a trouvé qu'une superstition difforme et sans mesure \ 11 faut remarquer que c'est sa propre opinion qu'il exprime là; il résume son impression en deux mots qui semblent bien être ceux qu'un païen élégant, instruit et froid pouvait accoler aux élans désordonnés et aux sentiments violents de ceux d'entre les chrétiens qu'il connaissait le mieux : des intransigeants. On a trouvé surprenant qu'il ait employé de semblables expressions *^, alors que la déposition des femmes torturées confirmait celle des apostats.

1. Quod ipsum facere desiisse post edictum meum, quo, secundum mandata tua, helaerias esse vetueram.

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