‹ TertullienChapitre 9 sur 561 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

place, l'est assurément : il m'est impossible de saisir entre les 1 trois une différence de doctrine. S'agit-il du service militaire ? Il est aussi bien interdit dans le De idolatî^ia, œuvre prémontaniste, que dans le De Corona militis, postérieure à la chute. Le détachement de la famille est aussi bien prêché dans le De idolatria que dans V Adversus Marcionem, le grand ouvrage montaniste. Il est inutile de pousser plus loin une démonstration que les notes de cette étude achèveront. Si cependant, après avoir montré qu'on trouvait chez TertuUien des opinions analogues aux dates les plus différentes, nous nous demandons dans lesquelles de ses œuvres il est moyenne-! ment le plus modéré, nous constatons que c'est dans VApolog-étique, dans VAd Nationes, dans VAd Scapulam, tous destinés aux païens ; il est absolu dans ses prescriptions, rigoureux dans ses interdictions, surtout dans le De spectaculis et le De idolatria, dans le De fuga in persecutione, dans le De Monogamia et le De Pitdicitia, toutes œuvres destinées aux seuls chrétiens. Je me crois donc autorisé à conclure : T 1° que TertuUien a eu, toute sa vie, le même fonds d'opinions j sur l'Empire et sur la société civile; 2° que, s'il n'en a pas , toujours parlé dans les mêmes termes, c'est qu'il a eu parfois des raisons de déguiser une partie de sa pensée.

On pourrait être tenté de tirer deux autres conclusions de celles-là : 1° il ne faut tenir compte, dans l'œuvre de TertuUien, que des ouvrages où, s'adressant aux seuls chrétiens, il peut parler à cœur ouvert; 2° il est sans importance pour nous qu'il ait ou non été montaniste. Je ne pense pas qu'on puisse aller jusque-là. D'abord, ses ouvrages destinés aux seuls chrétiens sont de deux sortes : les uns sont des manuels, des guides moraux, ou des œuvres d'édification, comme le De oratioue, VAd Martyi^as, le De Spectaculis, ou le De idolatria ; il n'est pas a priori impossible que la note y soit un peu forcée, afin de frapper davantage les âmes simples ; les autres sont des œuvres de polémique contre telle ou telle catégorie de chrétiens et il est naturel que les nécessités et les incidents du combat y entraînent parfois l'auteur assez loin de sa pensée véritable ; c'est ainsi que les païens auraient pu découvrir plus d'une concession apparente dans V Adversus Marcioîiem, l'ouvrage capital de la

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