‹ TertullienChapitre 98 sur 561 · Eus., H. E., V, I, 1 1 et s · texte numérisé non relu

Eus., H. E., V, I, 1 1 et s

nément soumises au même gouverneur? Ou que le proconsul de Narbonnaise envoie les chrétiens de Vienne au légat de Lyonnaise pour qu'il puisse instruire et mener complètement toute l'affaire? Mais ce sont là des suppositions en l'air : il faudrait un texte tout à fait décisif pour nous persuader que deux provinces, soumises normalement à des régimes différents, aient pu être alors régies par le même homme, ou que deux gouverneurs romains aient pratiqué cette espèce d'extradition. Cette dernière hypothèse me semble d'autant moins probable que, sans nul doute, la Lettre signalerait le fait anormal et caractéristique du transport à Lyon des accusés de Vienne, s'il avait eu lieu ; je pense qu'il s'entourerait de quelques détails édifiants ou émouvants et Eusèbe n'en aurait point coupé le récit s'il s'était trouvé dans le texte qu'il possédait. Or, l'obscurité qui nous arrête semblerait naturelle si la Lettre avait été écrite — conformément à l'impression d'Havet — loin des lieux et loin des faits dont elle parle. Nous ne pouvons encore aller jusqu'à cette conclusion; remarquons seulement que la première difficulté que nous rencontrons ne saurait être palliée que par des hypothèses sans fondement réel.

Selon quelques critiques, une autre du même genre se présenterait tout aussitôt : en parlant du gouverneur qui conduit l'affaire, le rédacteur de la lettre a employé le mot •^jY^^^^'^ <^ui se traduit en latin par prœses; Neumann et Heinichen, entre autres, sont choqués de son manque de précision. Le premier remarque ' qu'il ne saurait s'appliquer au proconsul de Narbonnaise, qui devrait être qualifié d'àvOu-iraxo; ; mais, alors, pourquoi le légat de Lyonnaise s'en, accommoderait-il davantage ? C'est pourtant à lui qu'il s'applique, car la mention du j^tXtâp/oç qui paraît à côté de lui ' exclut l'idée d'une province inermis; Heinichen avance ^ qu'il faut entendre par f,Y£|j.u)v, le pouvoir public, le magistrat suprême, la précision du terme laissant d'ailleurs à désirer. Si ces remarques étaient fondées, ne serait-on pas tenté d'accuser le narrateur d'avoir écrit un mot vague parce qu'il ignorait le mot précis et d'en conclure qu'il a rédigé la Lettre loin des faits qu'elle raconte et des lieux où elle les place? Mais elles ne sont pas fondées : le titre d'-^,Y^l^'^'' n'est pas vague, il désigne sous l'Empire tout gouverneur de province quel qu'il soit, ou même tout haut fonctionnaire investi d'une autorité judiciaire et executive ''. Voyez dans le Digeste ^ comment Macer

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