‹ TertullienChapitre 99 sur 561 · Dig.,l, 18, I · texte numérisé non relu

Dig.,l, 18, I

LÉS EMPEREURS Io5

définit son équivalent latin : « Le nom de praeses a un sens général, il s'en suit que les proconsuls, les légats de César et tous ceux qui gouvernent les provinces, même s'ils sont sénateurs, sont Si^f^Qlés praesides. » Tertullien lui-même nous fournit un bon exemple à l'appui de cette définition dans VAd Scapulam ', où, ayant à parler du procurateur de Maurétanie et du légat commandant la légion tertia Augiista, il les désigne l'un et l'autre par le titre ào. praeses. Au reste, les textes épigraphiques ne laissent pas de doutes * : c'est probablement à l'époque des Antonins que l'habitude se prend d'ajouter à la dénomination, en quelque sorte administrative, des légats impériaux ce titre de praeses^ ou r,Y£[a.t6v dans les pays grecs, et il s'étend peu à peu à tous les gouverneurs sans distinction d'origine. Il n'y a donc pas lieu de s'étonner de voir, sous Marc Aurèle, un chrétien donner ce titre d'r,Y£[Jtwv au Légat de Lyonnaise et il est impossible de fonder sur ce fait aucune présomption contre l'authenticité de la Lettre. Tout au plus peut-on s'étonner que le nom de ce praeses^ qui nous est représenté comme un si cruel ennemi des chrétiens, ne paraisse pas une fois au cours de ce long récit, tout rempli de ses méfaits.

Il est malheureusement d'autres arguments qui confirment l'inquiétude que nous donnait la difficulté rencontrée dès l'abord.

Nous ne voyons pas très bien comment l'affaire s'engage; mais l'explication pouvait être dans un passage qu'Eusèbe a coupé dès le début. Il semble, d'ailleurs, ressortir de ce qui suit que les complications sortent des calomnies usuelles répandues dans le peuple contre les chrétiens ; elles sont ici colportées avec d'autant plus d'ardeur et acceptée avec d'autant plus de facilité que tous les inculpés, au moins ceux que la lettre appelle les colonnes de l'Eglise, sont des Grecs, des étrangers, probablement mal compris et mal vus. La populace manifeste d'abord sa mauvaise volonté par des vexations qui troublent l'ordre ; en l'absence du gouverneur, le chef de la force armée arrête ces hommes contre qui se déchaîne l'opinion publique et sur qui pèsent de si lourds soupçons \ Tout cela est vraisemblable. Les plus suspects d'entre ces chrétiens, c'est-àdire ceux qui sont nommément accusés, sont enfermés, les autres les assistent dans leur prison; c'est encore conforme à ce que nous représentent divers Acta ou Passiones. Mais voici qui devient particulier : pour s'assurer de la véritable portée des accusations et des délits, le gouverneur fait arrêter quelques esclaves de ces

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