ËFÇÈTS DE LA GRÂCE
répand abondamment ; ses effusions ne connaissent pas de limites, de bornes qui ferment leur carrière. Il coule sans cesse, se répand copieusement ; que notre cœur ait soif et qu'il s'ouvre : autant nous avons de foi, autant nous recevons d'effusion de grâce. Le don nous est désormais imparti qui nous permet d'être chastes, innocents, réservés dans nos paroles, et de pouvoir éteindre le poison des breuvages maléfiques pour la guérison de ceux qui en souffrent, rendre la santé aux âmes égarées en les purifiant de leurs souillures, commander la paix aux ennemis acharnés, le calme aux violents, la douceur aux furieux. Nous pouvons dès lors combattre les esprits impurs qui errent çà et là, et prennent possession des corps humains, les forcer par nos adjurations à avouer, les contraindre à s'éloigner sous le fouet de dures paroles; en dépit de leur résistance, de leurs hurlements, de leurs gémissements, les étendre en quelque sorte sur le chevalet qui multiplie la souffrance, et la propage par tout le corps, leur faire subir le supplice du foiiet et du feu. Un combat leur est livré qu'on ne voit pas; ies coups portés sont invisibles, la souffrance ressentie est manifeste. Ainsi parce que nous avons commencé d'être, l'Esprit reçu est entré en possession de son pouvoir ; et parce que nous n'avons pas .encore changé de corps et de membres, nos yeux charnels sont encore enté-
â6 LA VIE CtiRÉTIENNË ET LA VIE PAÏENNE*
nêbfés par la nuit de de monde; Mais déjà qtiëlle puissance^ quelle lorfee,' (jue d'être soimêifiê sottstrait aux contacts funestes du siè* cîë| dé vivre dans une innocence recouvrée qtië lie i^ouillë aucune profanation de rennemi qui assaille-, et de plus, d*être assez grand et àsëes: îoft pdur commander avec une autorité âfesoluè à l'armée des démons^ qui attaque.
MISÈRE m hÀ Vip pu SIÈÇJ,^
Apcès àvo|p ainsi montré les haupeùx eileis de la grâc§j §^iï|; lCyppî§|}, me^jsn p^g,^i>4^^ Wliî§§ï^j&4issîècle, et trace le tableau de la société pfti'énne de son temps.
Mais pour que la vérité soit mise en une plus écl^taiit^ Ipipièrev et qu^ le deu divin apparaisse davantage, je vais éclairer votre màrehe à la reôherche du vrai ; et, ehassant les ténèbres où se cache le mal, je vais tirer le voile qui recouvre le siècle.
Supposez pour le moment qtie vous êtes transporté sur le sommet d'une montagne abrupte. Contemplez de là le tableau qui est à vos pieds. Portez vos regards de tous côtés, et, dégagé de tout çontàqt terrestre, regardez le tourbillon des agitations du mondé : aussi** tôt vous prendre?}, vous aussi, le siècle ep: pitié. Voyant ce que vous êtes, et reconnaissait de plus en plus envers Dieu, vous serez plu^ héu^ rètix encore d-ètre sorti de aette misera.
La violence.
Voyez les routes interceptées par les brigands, les mers bloquées par les pirates, la guerre divisant le monde et l'ensanglantant.
Le monde est humide de sang versé dans les combats, et l'homicide commis par des particuliers relève des tribunaux, tandis qu'on l'appelle acte de courage quand il se commet au nom de la nation; le ci^ime doit l'impunité, non à un caractère d'innocuité, mais à l'ampleur même du mal qu'il fait.
Les jeux cruels de l'amphithéâtre.
• Maintenant, si vous vous tournez vers les
villes elles-mêmes, vous trouverez une affluence plus triste que toute solitude. On prépare un combat de gladiateurs. On veut que des yeux cruels se repaissent du spectacle inhumain du sang répandu. On bourre un corps de fortes nourritures pour lui donner de l'embonpoint; on charge de graisse, amassée en bourrelets, des membres vigoureux, pour qu'un homme, engraissé pour le supplice, périsse à plus grands frais. L'homme est égorgé pour le plaisir^de l'homme; tuer est un art, une pratique, une expérience. Le crime ne se coi^met pas seulement, il s'enseigne.