III. TertuUien et saint Cyprien moralistes . et écrivains
Pour TertuUien comme pour saint Cyprien, le fondement ultime de la morale, c'est là volonté de
Dieu suprême législateur. Ce que Dieu prescrit nous devons le faire sans avoir la témérité de rechercher si cela est bien, mais simplement parce qu'il le prescrit^. Sa volonté nous est manifestée par TEcriture, la tradition de TEglise et la droite raison. Mais sur l'importance relative, et le rôle dé ces moyens de connaissance, il y a plus que des nuances entre nos deux morsrfistes. Tertullien est plus philosophe et s'applique plus souvent à montrer l'accord du précepte divin avec la raison; Cyprien s'appuie surtout sur l'Écriture, à laquelle Tertullien ne se fait pas faute de recourir à l'occasion. Mais chez Cyprien elle a un rôle prépondérant, presque tyranni que, dit justement Paul Monceaux à propos des sermons du Saint « Chez Cyprien le raisonnement, l'idée même est inséparable de la citation. On peut dire sans exagération que chez lui, de la citation naît l'idée, sans sa Bible, il ne saurait plus ni parler, ni écrire. Jl ne penserait pas 2 )).,
Quant à la tradition, nos deux moralistes en admettent l'autorité pour établir les devoirs de la vie chrétienne. Mais tandis que Tertullien admet que la coutume^ même sans l'appui d'aucun texte, suffît à légitimer telle ou telle règle de discipline, Cyprien n'accorde cette autorité qu'à la tradition fondée sur l'Ecriture. Cependant la différence de