Tert., De Xa Pénitence, IV
2. P. Monceaux, Kist. tittéraire de l'Afrique chrétienne ^ 11,
conception que Von croit constater entre les deux n'est peut-être pas aussi irréductible qu'elle le paraît au premier abord. Du moins Tertullien quand il déclare qu'une pratique même non déterminée dans l'Ecriture peut être justifiée par la coutume « en apporte cette raison qu'alors il n'y a pas de doute qu'elle n'émane d'un tradition authentique ^ » , 11 est d'ailleurs bon que les devoirs imposés à la pratique des chrétiens trouvent un appui dans les données de la saine raison, et se justifient rationnellement : ainsi on les observera mieux, avec plus d'entrain, pense Tertullien. Cyprien, au contraire, semble opposer la raison à la tradition, quand, par exemple dans une lettre relative au Baptême des hérétiques queje pape saint Etienne défendait de réitérer en invoquant l'autorité de la tradition, il écrit : « JVon est auîem de consuetudine praescribendum, sed ratione vincendum, il ne faut pas opposer, au nom de la tradition, une fin de nonrecevoir; il faut triompher par la raison^. » Mais il ne s'agit ici, dans sa pensée, que d'une tradition humaine, sujette à l'erreur, non dé ce qu'il appelle la tradition divine, la seule nécessairement vraie. Quant à Tertullien, une fois devenu montaniste, il a malmené et raillé la tradition quand elle contrariait se* idées nouvelles; il l'arespectée, et invoquée, dans le cas contraire; et nous venons