‹ TertullienChapitre 36 sur 53 · IV-. SACRIFICE · texte numérisé non relu

IV-. SACRIFICE

Dans le De oratione (3), Tertullien dit, en parlant de la prière : « Voilà la victime spirituelle qui a remplacé les anciens sacrifices ! Je suis rassasié de vos tueries de béliers... Que demande donc Dieu ? L'Evangile nous l'enseigne. L'heure vient, lisons-nous, oîi les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité. Dieu est

(i) On lit dans le De coron. ^ 3 : « Le sacrement de l'eucharistie que le Seigneur a institué après un repas et confié à tous, nous le célébrons etiam antelucanis cœtibus. » Cet etiam semble vouloir dire qu'on célèbre l'eucharistie régulièrement le soir, mais parfois aussi le matin. Toutefois le De oratione, 19, donne une impression contraire. Là, en effet on lit que beaucoup s'abstiennent, les jours de jeûne, de l'assistance aux prières liturgiques, sous prétexte que le jeune serait rompu par la réception du corps du Seigneur. Ce scrupule suppose que l'office liturgique, ou le corps du Seigneur était distribué, avait lieu le matin ou assez tôt dans la soirée.

(2) Voir : FuNK, Revue d Histoire ecclésiastique, 1904, p. 7 et suiv. Batiffol, Etudes d'Histoire et de Théologie positive^ 3 éd. : l'Agape.

(3) De orat., 28.

esprit, en effet. Nous sommes les vrais adorateurs, nous qui, par notre prière spirituelle, sacrifions spirituellement la prière que Dieu aime et recherche (spiritu orantes spiritu sacrijîcamus orationem Dei {firopriani. » Il écrit à Scapula (i) : « Nous sacrifions pour le salut de l'empereur ; mais nous ne sacrifions qu'à notre Dieu, qui est en même temps le sien, et nous sacrifions de la manière que que Dieu a prescrite, c'est-à-dire par une prière pure. » On voit par ces textes qu'il se plaît à mettre la notion du sacrifice dans la prière. Il la met aussi parfois dans la mortification et le jeûne, comme en témoigne ce texte du De patieiitia (2) : « La macération de la chair est une victime qui apaise Dieu par le sacrifice de l'humiliation. » On peut, sans trop de témérité lui attribuer la même pensée dans le ^<:/z'<? ri- /-f^/^^^/^^o^ (3) où il oppose aux sacrifices charnels les sacrifices spirituels, sur lesquels néanmoins il ne donne d'autre explication que ces textes scripturaires : Le cœur contrit et humilié est une victime pour Dieu ; sacrifie à Dieu un sacrifice de louange ; en tout lieu des sacrifices purs seront offerts à mon nom. Toutefois on doit signaler ce passage du De oratione (4) : « Les jours de stations, beaucoup ne croient pas devoir assister aux prières des sacrifices (sacn'Jîciorum 0 ratio ni bus), pour ce motif que la station (le jeûne) serait rompue par la réception du corps du Seigneur. En recevant le corps du Seigneur et en le réservant, vous participez au sacrifice {participatio sacrijîcii), en même temps que vous êtes en règle avec vos obligations. » Les controversistes catholiques ont remarqué que, dans ce texte, les sacrifices sont distingués des prières et doivent être identifiés

(i) Ad Scap., 2.

(2) De patient l'a , i3.

(3) Adv. Jtid., 6.

(4) De orat., 19.

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avec l'eucharistie. Rigault ( i), seul, essaie, en termes assez embrouillés, d'entendre les sacrifices des jeûnes qui constituaient les stations.

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