V. PÉNITENCE
On n'a ici qu'à résumer les données qui nous ont été fournies par les traités De paenitoitia et De ptidicitia. Le premier de ces livres nous a appris que Dieu pardonne une fois — pas davantage — les péchés commis après le baptême et qu'il met comme condition à son pardon l'exomologèse. Quant au De ptcdicitia, voici ce qu'il dit : a) Calliste s'est récemment arrogé le droit de faire rentrer dans l'Eglise les impudiques pénitents et cela au nom du texte : Tibi dabo claves. — b) La mesure prise par Calliste est illogique, attendu que, pour être conséquent avec lui-même, le pape aurait dû étendre le bienfait de la réconciliation aux apostats et aux homicides. — c) Cette même mesure est contraire à l'Ecriture ; et la parole Tibi dabo claves a simplement conféré à saint Pierre la priorité chronologique dans l'œuvre de la conversion des Juifs ainsi que des païens. — d) Les évêques peuvent réconcilier avec l'Eglise les pécheurs coupables de fautes légères, mais ceux-là seulement. — e) L'Eglise a reçu le pouvoir de pardonner les péchés les plus graves ; mais ce pouvoir est entre les mains des prophètes, c'est-à-dire des hommes inspirés par Dieu, et non entre les mains des évêques. — f) D'ailleurs, le Paraclet a déclaré récemment que les prophètes ne devaient pas user de ce pouvoir.
On le voit, les renseignements sont beaucoup plus abondants dans le De pudicitia que dans le De paeniteiitia. Trois d'entre eux, à savoir^ aj, b), d) ont un intérêt historique considérable et complètent, d'une manière imiDor-
(i) Dans sa note sur ce texte.
tante le livre de la Pénitence. Grâce à eux, nous savons, en effet, que les évêques exerçaientle ministèredelaréconciliation à l'égard des péchés légers, mais que l'adultère, la fornication, l'apostasie, l'homicide étaient punis d'une excommunication perpétuelle, et que le pape Calliste fut le premier à entreprendre une modification partielle de cette discipline sévère, f) a évidemment un cachet montaniste. Ce sont les oracles du Paraclet qui ont appris à TertuUien que les hommes spirituels ne doivent jamais exercer le pouvoir qu'ils ont de remettre les péchés. — ^^ est-il montaniste, ou bien représente-t-il, au contraire, les sentiments dont était animé TertuUien à l'époque du De paenitentia ? Voilà la question que les théologiens doivent chercher à résoudre (ij.