FIN DU MONDE
Dans les temps qui précéderont la lin du monde, l'Antéchrist viendra, accompagné d'un faux prophète, et il fera la guerre à l'Eglise. Il sera vaincu et Satan sera relégué dans l'abîme. Alors aura lieu la première résurrection {^primae resicrrectionis praerogativd) (i). Or, l'Antéchrist approche (antichristo Jain insta7tte) (2); le monde touche à sa fin ; le vSeigneur ne tardera pas à venir (in proximo est adventus Domini) (3). Néanmoins, l'Antéchrist ne fera son apparition qu'après le démembrement de l'empire romain. C'est l'empire qui lui barre la route; c'est lui qui est l'obstacle signalé par saint Paul dans sa lettre aux Thç:Ssa\.omcx&ns {Qiiïs nïsï roma/ius status) (4). Tant que cet empire durera^ et il doit durer jusqu'à la fin du monde (Jamdiic enim stabit) (5), l'adversaire du Christ ne pourra pas venir. Quant aux chrétiens, ils conjurent Dieu d'ajourner la catastrophe finale {Precamur differri ; Oramus... pro mora finis') (6). Mais Tertullien, qui constate ce fait, qui s'en fait même une arme dans son Apologétique, pour défendre le loyalisme de ses coreligionnaires, Tertullien, dis-je, n'approuve pas ces prières. Témoin ce reproche que nous avons déjà lu dans le De oratioue : «Si la réalisation du royaume du «Seigneur est l'objet de la volonté de Dieu et de notre attente, d'où vient que quelques-uns
(i) /Je resur., 25. \
(2) De fuga, 12 ; Ad Scap., 3.
(3) De spectac, 3o.
(4) De resurr., 24 ; Apol., i2.
(5) Ad Scap.. 2.
(6) Apol., 32,39,
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demandent une prolongation du siècle, alors que le royaume de Dieu, objet de nos vœux, suppose la consommation du siècle (i) ? »