‹ Tesnier, François: L'Oeillet, 1908Chapitre 11 sur 12 · XII. L’Œillet Flon ; les hybrides d’Œillets · texte numérisé non relu

XII. L’Œillet Flon ; les hybrides d’Œillets

L 'Œillet Flon (Dianthus semperflorens) fut trouvé par Flon, horticulteur d’Angers, vers 1853, dans un plant d ! Œillets de poète et l'on supposa que c'était un hybride de ce dernier et d’un Œillet des fleuristes ou d’un Œillet en arbre; on avança aussi qu'il descendait d’un Œillet de Chine croisé par un Œillet des fleuristes. Quoi qu’il en soit, sa rusticité et la bonne tenue de ses corymbes de fleurs rouges qui se succédaient depuis mai jusqu’aux gelées, le firent rechercher, quand en 1858, un fleuriste parisien, René Paré, le fit connaître. Celui-ci en obtint successivement plusieurs variétés accidentelles qu’il fixa et répandit dans les jardins ; ce fut en 1860, Marie Paré , blanc pur ; en 1861, Emile Paré , fond rose strié rouge ; en 1862, Paulin , rose carné ; en 1863, une variété carne strié de rouge ; en 1864, une variété blanc pur strié rouge ; en 1865, Souvenir de Paulin , saumoné rose clair, et Prince Impérial , blanc strié en pointillé rose.; un autre fleuriste de Paris, Bonnet, a aussi fait connaître quelques variations.

En 1886, parut YŒ. Flon Alégatière, obtenu en 1883, par le fleuriste lyonnais de ce nom ; c’était une plante vigoureuse, bien remontante, à fleurs rose carminé brillant, dont le port çt le feuillage étaient semblables à celui de l’Œillet

l’œillet

FlQn* ; il provenait du croisement d’une Mignardise remontante par un Œillet de Chine.

Les premières variétés de l’Œillet Flon furent importées en Angleterre en 1862, par E. G. Henaerson qui les propagea sous le nom de D . hybridus multillorus.

On a vu paraître, de temps à autre des formes d’Œillets qualifiés d’hybrides, en s’appuyant sur les rapports qu’ils présentaient avec leurs parents vrais ou supposés ; disparus des jardins pour la plupart, l’intérêt qu’il y a de les citer est pour montrer que l’opinion avancée par quelques auteurs, que les Œillets cultivés ne sont pas purement les descendants des types auxquels on les rattache, mais que leurs variations sont dues à l’influence d’espèces plus ou moins voisines, ne manque pas de fonuement.

Le plus ancien de ces hybrides date du commencement du XVIII* siècle, c’est l’Œ. hybride de Fairchild (Fairchild’s mule Pink) à fleurs roses, intermédiaire entre la Mignardise et l’Œillet des fleuristes. Vers 1827, Davey (de Chelsea) fait connaître une variété a qui l’on attribue la même origine. En 18-47, Henderson (de Pine Apple Nursery) répandit le D. I leader s onianus qui avait le port d’une Mignardise et des fleurs très doubles, cramoisi foncé ressemblant à celles de l’Œillet ordinaire et que l’on supposa provenir de ce dernier et de l’Œillet de Chine. Maule (de Bristol) obtint le D. Maulei, à fleurs rose pâle qui fut recherché jusqu’à l’apparition de l’Œillet Flon. En 1859, Amb. Verschaffelt (de Gand) répand le D. Verschal$elli à bouquets de fleurs blanches tachées de pourpre à la gorge, obtenu par Herschbaeh (de Cologne) du croisement des D , Maulei et arboreus. En 1860, le D. barbato superbus , à fleurs fimbriées, roses, odorantes, obtenu par Carrière (du Muséum) des D. barbatus et superbus. En 1862, Thompson (d’Ipswich) présente le D. Gardnerianus , à grandes fleurs à pétales découpées de couleurs variées, comme hybride des D. superbus et sinensis. Vers 1865, le D. hybridus corymbosus a élégants corymbes de grandes fleurs parfaitement doubles et provenant des D. sinensis et barbatus. En 1866, Quétier (de Meaux) obtient de l’Œillet Flon et de l’Œillet de Heddewig, le D. Quetieri , à fleurs rouge foncé, par-

l’œillet

fois strié et maculé de blanc. A Lyon, L. Lille met au commerce l r Œ. Desfarges, obtenu par le fleuriste de ce nom, du croisement d’un Œillet remontant et d’un Œillet de Chine.

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