‹ TestamentChapitre 14 sur 42 · COUP DCBIL SUR LA PHILOSOPHIE ANCIENNE · texte numérisé non relu

COUP DCBIL SUR LA PHILOSOPHIE ANCIENNE

blesses humaines. Ils repoussent également le dës-^ cmlre de la joie et Les déchirements de la pitié ^ comme dérangeant la fermeté de leur assiette mo-^ raie; ils manquent même de cet enjouement académique qui met l'âme à l'aise , la dilate , et semble quelquefois un ayant-goût de la félicité céleste ; mais enfin ils aspirent à la Tertu de toute la force de leurs yœux y de toute l'énergie de leur volonté. Us exagèrent nos forces y mais ils les augmentent; ils «e font une image sublimede l'homme. Nous n'avons à nous plaindre que d'être trop flat^ tés. Leur erreur est de confondre notre condition présente avec celle que nous pouvons , que nous devons espérer. La Grèce asservie n'était pas un théâtre digne de ces stoïciens superbes qui plaçaient la condition du sage au-dessus de celle des rois; RomeJes appelait; par leur savoir^ par leurs vertus^ ils se rendirent les instituteurs de ceux qui donnaient; des lois et des chaînes aux nations ; ils ranimèrent pour quelque temps les feux de la liberté mourante. Leur triomphe fut de former l'âme de Caton. .

Bientôt ils s'assouplirent et furent heureux de rencontrer sous le joug des empereurs les plus féroces, les plus extravagants, des vertus du second ordre, telles que celles de Thraséas, d'Hel-

t7$ CHAPITUB \II.

Tid^is , modérateurs ou censeurs d'une tyrannie qui 3'étonnait de les avoir laissé parler quelque tçmps au ixiilieu d'un sénat exécuteur et victime de leurs cruautés. Sénèque, par la beauté de son génie plus que par la grandeiur de, son âme, soutint l'honneur du Portique, et lui prépara les hautes et bienfaisantes destinées auxquelles il devait parvenir sous les Antown. D'abord tragique à grand fracas de paroles ^ satirique avec verve, homme de cour, et de quelle cour? de œlle d'Agrippine, des affranchis de Claude, Sénèque semblait peu fait pour porter le manteau de. Zenon ; aussi s'aperçoit-on quelquefois qu'il ne va pas just^. à sa taille, et surtout qu'il le brode de trop de rubis, d'émeraudes, de diamants. On a reproché à ce philosophe les richesses dont il se laissa accabler par ^on terrible élève; le goût lui reproche aussi trop de richesses dans un genre de çompo* sition qui se fait une loi de l'anstérité; ma/s il a le plus puissant moyen de confondre la critique, c'est d'être sublime; il l'est avec plus d'effort qiic Platon, mais il s'élève maintes fois à la même

hauteur.

Croyez-vous que la vertu fût chose bi.en facile

et coulât sans obstacle parmi les contemporains

et les sujets de Tibère, de Galigula, de Claude

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