PHILOSOPHIE DU XVIII'' SIÈCLE
rapide et si ferme. Durant son voyage en Angle* terre , il avait étudié les ouvrages de Locke , et il en avait tiré des conséquences que s'était dissi-* mulées ce philosophe.
Bientôt Voltaire ne songe plus qu'à chasser Descartes du double trdne de la physique et de la métaphysique pour y placer Nev?ton et Locke : il réussit pour le premier, et obtient un trop long succès pour le second. Doué de toute Tardeur, de toute la flexibilité d'un chef de parti , à son retour en France il s'occupe de ranger sous sa loi les courtisans les plus frivoles et souvent les plus dis* solus , en leur distribuant des brevets de philosophe. Il flatte leur épicuréisme; mais il tâche d'éveiller en eux un profond sentiment d'humanité; car c'est une passion qu'il porte en son cœur, et il ne veut pas s'avouer qu'il la tient du christianisme, avec lequel il est en guerre. Quelquefois pourtant il s'en rapproche ; mais bientôt il s'écarte de l.a ligne conciliante qu'il avait paru se tracer dans Alzire.
Je ne le suivrai point, dans les vicissitudes de sa vie, dans ses traverses , ses immenses travaux, ses combats et ses triomphes. Ce fut lorsque encore une fois exilé de la France, du moins par ses craintes , il entra dans son château des Délices,