COUP D OEIL SUR LA PHILOSOPHIE AU XIX"" SIECLE
regarder comme la philosophie nationale , puisqu'elle émane évidemment de Descartes. On vantait la limpidité dé Condillac, dans ses recherches trop superficielles y et .M* Jouffrôy l'a surpassée dans des recherches profonde^. Rien ne mailque à ses analyses consciencieuses qui vous font lire dans tous les actes de votre intelligence , et rendent votre volonté plus puissante, parce qu'elle est mteux éclairée. Qu'il est beau de voir les vérités métaphysiques si importantes à la dignité de notre être f appuyées sur cet examen scrupuleux des faits, et sur cette méthode d'induction par laquelle Bacon a donné un essor si heureux-, et souvent tant de certitude aux sciences naturelles! M. Damiron continue avec succès celte noble tâche. La doctrine se maintient homogène en s'enrichissant toujours; l'âme, ne s'y sent pas élevée d'un seul bond, comme dans les Méditations de Descartes ; mais elle s'élève progressivement , se souvient avec netteté de tout l'espace qu'elle a parcouru, et né is'épouvante pas de tout le chemin qui lui reste à faire. Les rochers de la science s'aplanissent sous des mines savamment pratiquées , comme ceux du Simplqn et duMont-Genis se sont ouverts squs les efforts des ingénieurs français. J'aime une philosophie qui s'humanise et ne
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fait pas la fanfaronne ; je veux ^ comme Montagne f qu'elle soit accorte et familière ; mais je ne souffi^ pas qu'elle sôit Qiolle et ondoyante comme l'est lâchement le scepticisme. Cette philosophie régit ou plutôt elle enflamme tous les esprits élevés de notre époque.
La lumière philosophique n'est pas comme celle du soleil qui nous arrive de trente^trois millions de lieues en sept minutes. Sa maréfhe €fst lente ^ embarrassée , mais progressive; elle rencontre une foule d'esprits opaques et creux dont elle éclairé à peine quelques points ; elle se brise en rayons divergents^ en miroirs, infidèles chez des esprits anguleux et subtils. Les éclipses du soleil durent à peine une heure; la lumière philosophique a sul^i une éclipse qui a duré mille ans. Mais, elle n'était qu'a{^arente, elle s'était fondue dans la lumière plus vive et plus ardente de la religion ; elle y est restée absorbée jusqu'à ce qu'elle se sôit sentie assez forte pour combattre l'hypocrisie^ la superstition et le fanatisme. Malheureusement dans ce choc ^ elle a fait tomber ses coups d'abord sur la religion révélée et ensuite sur le principe religieux sans, lequel toute société recule jusqu'à un état pire que Id barbarie.
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J'ai joui d'une satisfaction profonde en prolongeant cette esquisse^ tout imparfaite et super* ficielle qu'elle doive paraître; j'en résume ici les aperçus principaux. Je continue un usage que je pratiquais dans, mes leçons d'histoire ; ces redt'*tes peuvent paraître importunes à des esprits fort exercés,, mais je dois consulter avant tout mes jeunes lecteurs, comme je consultais auparavant mon jeune auditoire. On a pu voir que l'optimisme religieux dont, j'ai suivi tantôt le déclin et tantôt les progrès., peut être regardé comme la philosophie universelle; car celle qui rapporte tout aux sens , à la matière et constitue notre raison, nMre âme dans un état de passivité, d^us un état de brute, n'est autre chose que la nation même de la philosophie.
L'optimisme, pour ôter toute aml>iguïté à ce mot , est une fervente adoration du Dieu trèsgrand et très-bon que reconnaît le polythéisme même , du Créateur et du père qu'invoque tendrement la religion chrétienne. C'est une haute faculté d'espérance fondée sur l'amour et sur la pratique du devoir. Tout être, rempli de la pensée de Dieu, est par cela même perfectible. La société humaine l'est encore plus que l'individu. Quelques avantages matériels qu elle puisse ac- 1. 26
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quérir^ elle rétrograde si la pensée de Dieu s'éloigne. Là philosophie s'ap|«*oche de la bienTeilknce unîfverselle ; le christianisme l'inspire arec plus de force et d'autorité. La charité est la' meilleure garantie de la foi. Toiftt est perdu, la religion est compromise et dénaturée , si la foi fait taire la charité, et si elle devient iiihumaine^ans ses actes. C'est là ce qui rend nécessaire le concours de la religion et de la philosophie. Le mal est une épreuTC et un exercice pour la vertu; il peut donc èlre considéré comme la source du plus grand bien. Dieu a donné à l'homme le sentiment de son immortalité. La philosophie, qui démontre invinciblement la spiritualité de l'âme el par conséquent son indissolubilité, prête un ap* pui rationnel à une haute espérance suggérée par le sentiment et ai&rmée par la foi. Voilà pourquoi et dans quel sens j'ai dit que l'optimisme est ou doit être la religion universelle, le point de ralliement de toutes les croyances philosophiques et religieuses.
J'ai présenté Socrate et Pl»ton^comme les pères de cette douce et sainte doctrine; j'aurais pure» monter jusqu'au Kvre de Job, ouvrage contemporain de la Genèse, et que l'on attribue an même auteur, à Moïse. La destinée de Platon et
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de son maître a été d'être un point d'ap{>uî pour tous les esprits élevés , et une source d'in^iration pdur toutes les âmes qui se passionnent pour le beaa^ qui aspirent à la vertu, ^e contient y je l'avoue , une partie systématique et en quelque sorte vaporeuse dont il est facile de la dégager. Âristote, esprit aussi positif qœ vaste, a tenté cette opération ; mais il a trop aflkibli l'autorité du sentiment pour augmenter h puis« sance de la. raison , et cette raison même, il l'a emprisonnée dans ses Catégories. La doctrine de Platon 9 et surtout celle de Socrate, se retrouve encore datis les leçons de Zenon et du Portique ; elle y prend seulement un langage plus sévèi*e, un extérieur plu» rude. Platon a laissé sa plus belle postérité dans Gieéron et dans Virgile, et puisque je lui donne un poëte pour disciple, j'aurais bien envie d'y joindre Ménandre et Térence. Il fortifie Sénèque , Éfûctète et Marc-Aurèle, et plus intimement enG(n*e Plutarque.
Quand le genre humain ^ après avoir subi la tyrannie de monstres créés par une civilisation dissolue, se laisse déchirer sous les coups d'autres bétea féroces qu'on appelle Barbares, la^ pfailosor phie, impuissante pour soutenir cette lutte, se réfugie dans le christianisme; Platon y apparaît
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encense* Lisez l'Évangi le de saint Jean et les épitres de saint PauL
Il anime 9 il attendrit les Pères de l'Église latine ; il s'exhale avec une éloquenoe plus entraînante dans ceux de l'Église grecque.
Mais Toilà que la nuit devient plus profonde. Après un immense interrègne de trois siècles , la philosophie aspirait à renaître dans les écoles, saint Bernard et Âbailard avaient paru; mais s'épuisant par de stériles combats, elle imite follement les tournois féodaux y se fournit d'armes dans la Logique d'Âristote et ferraille inutilement avec les Catégories. Cependant le génie de Platon, quoiqu'il soit alors très-peu connu , se retrouve dans saint Thomas, saint Anselme, et saint Bonaventure, dans tous les mystiques , et surtout chez Gerson , à qui je crois pouvoir rapporter la glcHre du livre de V Imitation de Jésus '^Christ*
Les lettres renaissent, et la poésie obtient leurs premiers hommages , leur premier culte. Pétrarque se voue à un mysticisme amoureux qui reproduit et qui exagère l'amour platonique. Le Tasse,, à vingt ans , est nommé professeur de la philosophie de Platon; peut-K)n douter de l'influence qu'eut ce sage sur le génie de celui qui put créer une épopée plus habilement composée que celle même
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d'Homère et de Virgile? Mais les vices et les crimes débordent dans l'Italie : alors se présente Machiavel y corrupteur profond des princes et des hommes d'État.
La France, après avoir lentement imité l'Italie dans la passion des lettres, des arts et de l'érudition, est fatalement entraînée par le zèle reli-* gieux, ou plutôt par les intrigues des cours, dans les yices, les crimes, les meurtres et les atroces cCtups d'État dont l'Italie a tenu écol6«. Montagne n'ose ou ne sait opposer à ces fureurs que les armes du doute. L'Angleterre^ livrée aux mêmes convulsions , produit dans l'athée Hohbes un philosophe encore plus peniicieux peut-être, mais hem*eusement moins lu que Machiavel.
.Tout renaît enfin avec Descartes ; un siècle entier se range sous sa loi , et c'est le siècle du génie et de la gloire. La religion joint un mo* ment ses enseignes avec celles de la philosophie ; mais on peut voir qu'elle l'observe avec défiance et comme une rivale qu'elle craint. Cependant que ne peut-elle braver avec des défenseurs tels que Pascal, Bossuet et Fénelon? Mais elle est travaillée par des guerres intestines; elle garde encore son esprit d'intolérance, elle applaudit à des mesures despotiques telles que la révocation de l'édit de Nantes.
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Tandis que le mouyement philosophique se ralentit en France , il s'étend en Angleterre et en Aliemagne, avec une indépendance mesurée que la religion réformée provoque et maîtrise. Newton , sans avoir spécialement appliqué son génie aux vérités métaphysiques, exalte l'orgueil de rhômmepar ses sublimes découvertes, et comme le spectacle de la nature, admirable à notre vue. Test encore plus à notre télescope, l'observateur s'agrandit autant que le tableau , et une hymne brûlante échappe à son ravissement. Glarke complète la tâche de Nevrton , son maître et son ami, en démontrant l'existence de Dieu par des preuves merveilleusement enchaînées , dont la réfutation me paraît impossible et n'a encore été tentée que par le baron d'Holbach, avec autant d'impudence que de maladresse. Toutes lés bases dé l'optimisme religieux sont posées; Leibnitz élève l'édi'^ fice dans de magnifiques proportions. L'Alle-magne, pendant un siècle, reste illuminée par le génie de Leibnitz. Wolff tente d'appliquer à ce système les rigoureuses démonstrations de la géométrie ; mais le théisme, et l'optimisme, qui en est le couronnemetit , ont surtout besoin d'éloquence. Le juif Mosès Mendenson reproduit Platon, mais en prêtant à son Pkédon,
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c'est-à-dire à son Dialogue sur timmorialUé de ïdme^ la métaphysique plus forte et ii^ieux ar* mée de Descarl^s et de Leibnitz. Le baron Ja- €obi se voue à la cause du spiritualisme ^ lorsqu'elle commence à s'ébranler ^ et la défend avec les mouvements d'une âme noble et candide. Ancillon y après lui^ résiste aux efforts d'un nouveau scepticis^me ^ et se montré au&si sage dans sa carrière philosophique que nous l'avons vu depuis, dans sa carrière d'homme d'État.
Il serait injuste d'oublier l'Italie dans ce concours de grands et puissants athlètes du théisme. Elle ne nous fournit , il est vrai ^ qu'un seul nom à inscrire dans cette liste : c'est celui de Vico. Ses écrits ont été longtemps un trésor presquç ^ ignoré en France ; M, Michelet les a fait reparaître dans tout leur lustre ; et qui de nous n'a été frappé de la hauteur de ses vues en métaphysique f ainsi que des nouvelles lumières qu'il a répandues sur l'histoire ?
Je ne veux pas faire entrer dans ce résumé tout ce qu'on vient de lire sur la philosophie du dix-huitième siècle; mais je ne puis trop déplorer qu'un génie tel que Voltaire, qu'un homme destiné à imprimer un mouvement si hardi à sa nation > à
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son siècle, se soit glacé par la philosophie de Locke, et qae ses dédains indiscrets se soient étendus jusque sar Platon , Descartes et Leibnitz, les seuls philosophes qui auraient pu le diriger, l'inspirer et.le contenir dans une audacieuse réforme. Je regrette même que J.-J. Rousseau , dont la gloire serait sans tache s'il avait été toujours et avec une mission miçux suivie le plus éloquent interprète d'une doctrine si sublime , se soit laissé distraire d'une telle entreprise par Famarturae de ses chagrins et par la triste et infertile originalité de ses paradoxes. Il voyait venir une révolution , il la jugeait formidable , et prévoyait qu'elle serait un bouleversement universel; cependant il lui prêtai); le plus dangereux des leviers par . les. doctrines tranchantes du Contrat social. Sa dialectique le conduisait tout droit à l'impossible, c'est-à-dire à la souveraineté du peuple presque directement exercée par le peuple même. 11 fractionnait l'univers en petites républiques, en petites communautés de deux à trois mjlle âmes, et exagérait la réji^ublique de Platon en la réduisant à des fractions presque imperceptibles. Les jeunes gens admiraient , et malheureusement ils se prennent encore trop souvent à préconiser une telle chimère; et c'est ainsi qu'on perdait les
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traces de Montesquieu et la possibilité du gouvernement représentatif.
Dans une esquisse historique de la philosophie^ il faut franchir, d'un saut impétueux, le gouffre de la Révolution pour arriver à une renaissance qui ne date réellement que du xix* siècle. Il est vrai que Bernardin de Saint-Pierre, avant ce ter-^ rible événement , avait tenté ce retour vers le spiritualisme, et je ne crois pas qu'aucun des écrivains modernes ait reproduit avec plus de pureté les couleurs de Platon ; mais il s'égara dans des hjrpothèses physiques qui, combattues avec succès par les savants, décrièrent son autorité et le détournèrent du plus noble but. Il aurait fallu que M. de Chateaubriand parût alors , c'està-dire avant la Révolution , dans toute la puis^sance de son génie ; mais il ne devait paraître qu'après la plus terrible catastrophe. Je me garderai bien de rapporter à lui seul tout l'honneur d'avoir ranimé le souffle religieux qui, sans doute, par la loi de Dieu, par l'effet de notre nature , et par la nécessité de la société, devait renaître de lui-même quel qu'en fût le provocateur. Nous ne sommes pas encore arrivés à la moitié du xix"" siècle, et cependant nous pouvons juger avec certitude que ce mouvement philosophique qui revient à
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Dieu, sera le ressort dominant d'une époque où nous pouvons profiter de toutes les autres. Aux noms que j'ai cités il faut joindre ceux de M. Ballanche , d(Mit le style harmonieux est un pur et continuel reflet d'une âme noble et tendre ; de madame Necker- Saussure 9 digne parente, digne amie de madame de Staël, k qui j'ai entendu dire sur elle ce mot d'une aimable exagération : « Ma (f cousine a toutes les qualités qu'on m'attribue « sans aucun des dé£aiuts qu'on me reproche»^ de M. Rossi , qui joint les plus hautes vues de la jurisprudence aux principes de la métaphysique la plus élevée et de la morale la plus pure ; de M. Aimé-Martin, qui se montre aussi jaloux de continuer l'œuvre de Bernardin de Saint-Pierre , que de faire bénir sa mémoire. Ce nouveau mouvement est surtout présidé aujourd'hui par M. de Lamartine, qui réunit le triple pouvoir d'un grand poëte, d'un éloquent orateur, d'un philosophe refigieux , et qui prouvera que ces éminentes fa* cultes dont l'accord est si rare n'ont rien d'incompatible, et peuvent servir d'appui aux pensées les plus fermes de l'homme d'État.
J'entends dire que le partage du xix® siècle sera d'être un siècle industriel. En vérité ce vœu est trop modeste. Le mouvement industriel dont
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je ne suis point le détracteur^ et qui est sans doute un nouveau témoignage de la puissance humaine ^ me laisserait pourtant froid; inquiet , et même profondément consterné, s'il venait se substituer à toute direction philosophique, et smv tout aux espérances religieuses. Il excite l'esprit d'invention y mais dans une sphère subordonnée aux plus hautes pensées de l'esprit, aux plus no^ blés mouvements du cœur. La cupidité lui sert trop souvent d'aiguillon ; elle s'empare de ses résultats pour les livrer à un jeu où la fraude est admise. En accroissant les délices des classes aisées, délices imparfaites qui ne vont point au cœur, elle multiplie une population misérable qui , vouée à l'accablante uniformité d'un travail mécanique toujours le même, s'appauvrit de pensées et se gonfle de passions ignobles et quelquesfois furieuses. Il faut le secours de la foi, 6t celui d'une philosophie pratique à un siècle industriel. Il lui faut même une poésie qui réveille l'imagination perdue dans un labyrinthe de chiffres, ou consumée dans les creusets de la chimie. Quelle merveille n'accomplissez -vous pas y puissants continuateurs, ambitieux rivaux des Nevrton, des Franklin, des Lav^isier, des Priestley, des Gay-Lussac, des Papin, des What,
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des Fui ton , des Jacquart , des Gook et des Bongainville! Eh bien, je vous le déclare ^ la religion^ l'éloquence et la poésie s'élanceront toujours plus loin et planeront plus haut que vous. Vos plus belles inventions accroissent nos jouissances et les étendent quelque peu vers les classes condamnées à un travail rigoureux. La philosophie religieuse , l'éloquence et la poésie qui lui servent d'interprètes, savent créer et rajeunir des jouissances d'un ordre plus élevé, plus pur, plus intime, plus abordable à l'indigence, au malheur, et même au désespoir. Vous reproduisez, vous fixez avec art, vous multipliez à votre gré des images fugitives qui ont charmé nos yeux et qui ornent notre esprit. Mais Homère, Platon, Virgile, Le Tasse, Racine, et même des philosophes, des chrétiens austères, tels que Fénelon, Massil- Ion et saint François de Sales, savent créer des images plus ravissantes , et dont l'empreinte est plus inaltérable. Que dis-je? Il est donné à chacun de nous d'embellir toutes les saisons de la vie, de parfumer tous les plus âpres climats par la puissance d'un cœur tendrement exalté. Riches, vous ornez vos longues et somptueuses galeries des tableaux des grands maîtres, et vous méritez bien de l'art en secondant le génie naissant des artistes.