COUP DOEIL SUR LA PHILOSOPHIE AU XIX* SIECLE
Eh bien , ce jeune poëte qui parcourt, solitaire^ ce parc où vous venez souvent rêver, possède, lui , dans son esprit , une galerie mobile de tableaux qu'il renouvelle à son gré, dont il accroît le lustre avec amour, et dont il va charmer ou sa mère ou ses sœurs, et surtout celle qu'il aime. Le tableau reste fixé sans qu'il emprunte l'art merveilleux de Daguerre^ et brille de couleurs que cet art si puissant ne donne pas encore. Il va voler d'un hémisphère à l'autre, et peut-être lui sera-t-il donné de traverser une longue suite de siècles, d'être répété dans une foule de traductions, d'imitations, qui eh seront des copies animées , et que la chaleur du sentiment pourra rendre originales. Mais pourquoi viens-je de supposer que la richesse éteignait le feu de l'imagination , ou pouvait l'empêcher de créer des talents enchanteurs? Ces tableaux-là sont à la disposition des riches, et peuvent n'avoir rien de fantastique, comme le sont les rêves du poëte ! Rien n'est plus doux au monde que de se mirer dans le biqn qu'on fait autour de soi. Savez-vous ce qui en redouble le charme? c'est qu'aujourd'hui surtout la bienfaisance n'est plus seulement une inspiration d'un cœur tendre et religieux, une prodigalité qui jette au hasard des fruits précieux ; c'est une
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étude, un puissant travail de la réflexion, qui se porte non* seulement sur l'avenir de celui qu'on soulage, mais sur l'avenir du pays et de la société. £h bien, connaissez-vous rien de mieux pour ce que nous nommons la fertilité de l'esprit, qu'un travail vigoureux et habile qui se combine avec une noble impression du cœur.
Dieu vous voit et vous suit, ainsi qu'il assiste le semeur dont il va faire prospérer les graines. Quelques-unes avorteront ; qu'importe, si votre labeur n'est point avorté devant Dieu.