‹ TestamentChapitre 6 sur 42 · PRBH. EXCURSION CONTRE LES MATÉRIALISTES · texte numérisé non relu

PRBH. EXCURSION CONTRE LES MATÉRIALISTES

puissance de nous faire découvrir leurs germes ? et déjà je vois que des naturalistes célèbres ont découvert les germes de plusiem^s et distingué des sexes entre eux. Voilà précisément ce qui est arrivé dans le règne végétal pour la classe que Linnée a nommée cryptogame. La science ^ plus avancée , a découvert les germes de plusieurs de ces espèces dont les unions restaient inconnues , telles que diverses espèces de champignons. Au reste ^ on n'entend pas dire qu'il n'y ait qu'un mode de génération uniforme pour ces insectes, qu'il n'y ait point d'hermaphrodites parmi eux comme dans la classe la plus nombreuse des végétaux , qu'ils ne puissent se reproduire comme eux et comme les polypes ou les pucerons par bouture ou par séparation de parties ; mais toujours il faut remonter à la création première d'un ou de deux individus.

Voici une belle occasion pour se rejeter dans le panthéisme, très-mauvais poste assurément, mais plus tenable que l'athéisme direct qui marche, tête haute, d'absurdités en absurdités. Les matérialistes font eux-mêmes une de ces métamorphoses qu'ils aiment tant, lorsque d'athées ils se font panthéistes; mais ils ne se piquent pas d'y suivre des transitions et se précipitent dans un

lia CHAPITRE V.

autre extrême. Tout à l'heure ils ne voulaient pas reconnaître un seul Dieu, maintenant ils nous jettent les dieux à la tête comme des grains de sable. Ce grain de sable ^ nous disent-ils, ne le méprisez pas; peut-être n'a-t-il pas, en ce moment , viCf sensation et pensée; mais il est trèssusceptible de les acquérir : c'est une intelligence qui dort et qui attend l'heure de son réveil. Mais d'autres vont plus loin ; Hobbes , l'un des chefs les plus sombres de l'athéisme , admet que l'on puisse sentir sans organe. U y a peu d'années que j'ai entendu soutenir à un médecin que le mouvement était une sensation; or, tout est mouvement, donc il n'est rien qui n'éprouve de sensation. Maintenant Helvétius, Gondiliac et Tracy ont dit que sentir c'^st penser; donc, tout pense dans l'univers; or, si c'est le privilège de toutes les parties et des plus imperceptibles parcelles, il n'est pas possible de le refuser au tout. Nous retrouvons ainsi le Dieu de Spinosa , que d'Holbach et Diderot avaient mis à la réforme comme trop intelligent, quoiqu'en vérité il ne le soit guère. Spinosa le prive de liberté, et je ne connais rien de plus inexorable que la nécessité telle qu'elle est présentée par ce ténébreux mé.taphysicien. Le grand tout voit le

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mal et ne peut Tempécher; il n'est ni sourd ni aveugle I mais il peut regretter de ne Fétre pas; il n'est intelligent que pour sentir son impuissance^ ce qui lui fait un sort assez misérable ; c'est une mauvaise plaisanterie que d'appeler Dieu un être ainsi garrotté : il n'est pas plus dieu que le Grand Mogol y gardé à vue dans son palais , n'est souve* rain àei Indes sous la domination des Anglais. Je ne puis concevoir que le Dieu de l'univers soit rendu compréhensible par les soins de l'incompréhensible Spinosa. Au moins, disent les matérialistes, nous avons un Dieu qui , étant matériel, peut avoir action sur la matière, tandis que votre Dieu, pur esprit, ne peut ni l'avoir créée ni l'avoir coordonnée, ni la détruire. Nous répondons qu'il est le Tout-Puissant, qu'il est le seul être nécessaire, qu'il est indépendant, puisque rien ne préexiste à lui. Nous ajoutons que pour l'intelligence suprême le monde est purement phénoménal ; et lui refusera-t-on le pouvoir de créer des phénomènes, des apparences ? Nous usons de la maxime : Qui peut le plus peut le moins; les athées et les panthéistes usent de l'étrange maxime : Qui peut le moins peut le plus. Nous disons : Le seul être à qui appartient la vie, de toute néces-. site, peut la dispenser à d'autres êtres, et dans la«

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mesure qui lui convient. Les matérialistes disent : Ce qui ne vit pas ^ ce qui n'a pas le sentiment de la vie^ peut la communiquer par certaine impuU sion qu'on ignore. Ijes panthéistes rejettent un IMeu qui commande à la matière, ils Teulent un Dieu à qui la matière commande. F'otre Dieu, nous disent-ils y ri a point d^ organes; que peut-^il avoirde commun a\fec les êtres organisés? Ici je ne puis m'empécber de vous trouver plaisants : quelle idée voulez-vous que je me fasse des organes de votre grand tout? est-ce que je puis me les figu^ rer? peut-être s'en passe-t^il aussi bien que les pierres et les métaux , auxquels il vous plaît quelqudfois d'accorder, du moins en puissance, la me^ la sensation, et la pensée peut^tre. Oui, sans doute f notre Dieu ne peilt se présenter à nos sens> à notre imagination, sous aucune figure; mais tant que je sentirai que ma volonté , c'està-dire mon âme , commande à mes mains, à mes pieifa, je sentirai également qu'un Dieu toutpuissant par la nécessité de ses attributs et l'infinité de son intelligence , peut , non-seulement commandei' à la matière, mais cré^ et dissoudre ce qui n'a qu'une existence relative et phénoménale , comme le dit fort bien la philosophie de • Kant et de Fitche.

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