PREM. EXCURSION CONTRE LES MATÉRULISTES
Incompréhensible ! voilà Tanathème dont nous frappent les matérialistes qui s'érigent en fils de la lumière. Est-ce que les faits physiques les mieux observés y ou qui sont démontrés géométriquement , ne nous rejettent pas tous dans l'incompréhensible^ ou du moins dans ce qui échappe à nos sens , à notre imagination ^ tel que la divisibilité à l'infini de la matière et la gravitation de ces corps qui , sans point de contact et sans autre intermédiaire que le vide , s'attirent à d'effroyables distances et peut-être à des milliards de lieues? Savez-vous ce qu'il y a de plus incompréhensible, ou plutôt de plus impossible? ce ^nt ces atomes dont vous êtes forcés de faire encore un usage honteux ; ce sont ces corps ou cor^^Uscules que vous dites sans parties^ comme si un corps ou corpuscule pouvait res^r sans parties ou sans divisibilité !
La physique s'occupe de temps en temps de chercher un dieu matériel qui ait au moins la puissance de régler l'univers. 11 y a plus d'un demisiècle que les savants avaient une grande foi au pfalogistique; quelques-uns lui ont reconnu toutes les qualités nécessaires pour créer l'ordre que nous voyons et en ont fait un dieu; mais il a été bientôt renversé par le calorique de Lavoisier (qui
n'est pas trop compréhensible). Eh bien^ ce dernier a dû hériter de la divinité du défunt. Depuis que l'électricité a joué un plus grand rôle dans l'univers^ le cal(H*ique a beaucoup perdu^ et on Je laisse un peu se morfondre sur ses autels.
Aujourd'hui , la physique et la chimje trouvent de si frappantes analogies entre les fluides électri^ que, magnétique, lumineux, et le calorique^ qu'on est bien près d'en faire un seul et même être diversement. modifié suivant la situation; je dirais un seul dieu. Qu'on admette un ou plusieurs de ces éléments créateurs , voilà toujours des êtres ifiorganisés qui créent au hasard des organes admirablement coordonnés et combinés poiu* la fin qui leur est attribuée. Voilà des êtres insensibles qui créent ta sensation , le sentiment ,. la pensée , la volonté.. Mais aujourd'hui les sciences suivent une mai^che plus circonspecte, et il n'y a plus guère que certains physiologistes qui se permettent des attentats sur l'ordre intellectuel. On rejette assez généralement l£^ mauvaise partie de l'héritage du xviii^ siècle. Puissions-nous conserver et. perfectionner ce qu'il a produit de bon et d'utile!
Tout tombe en lambeaux dans l'ordre moral, tout se dessèche et s'aigrit dans je cœur, quand la