CENT S()I\ANTE-NEIV1ÈME LETTRE
Vendredi iiialin 27 Févriei' 18iG.
Je vous fais jeter ce mot à la poste pour vous remercier de vos tendres sollicitudes, mon cher ami. Ne soyez pas inquiet de moi : je ne le suis pas uioi-méme. Je viens de subir cette fois une secousse purement physique, mais qui, comme toutes mes secousses, me profitera. 11 m'est bien démontré que mes orj^anes sont trop délicats maintenant pour supporter les remèdes. J'ai échappé à une intlammation de bas-ventre qui aurait pu m'emporter ; et je m'en tiendrai au grand moyen que j'ai pris pour ma poitrine, la mauve adoucira le dedans. L'appétit m'est un peu revenu dès hier, et je ne compromettrai plus ce pauvre estomac qui peut me rendre tant de services. Je suis horriblement fatiguée et ébranlée : mais voilà tout.
Venez me voir demain, je vous écouterai. Peut-être dormirai-je enfin cette nuit. Je vous embrasse tendrement, mon cher ami, et suis bien touchée de votre constante sollicitude.
A vous de cœur,
Clotilue \.
;;.'iO TESTAMKNT DAn.rSTK (;0>FTK.