‹ Testament d'Auguste ComteChapitre 18 sur 112 · PRIÈRE DU MILIEU DE LA JOURNÉE · texte numérisé non relu

PRIÈRE DU MILIEU DE LA JOURNÉE

(A 10 lieuies 1/2 précises. — 20 minutes).

1" Commémoration (10 minutes).

Image du 7 Mars iSiO.

(fil ! (imatizn, r(r.

(Sn (lernirrc lettre). Mon ciiei" ami. voici le reste des forces dont je comptais vous donner- la meilleure part. La bonne Sophie en a eu retienne, et vous aura raconté mon acte d'autorité pour leiy roses. Je m'en trouve très bien, en y suppléant par l'eau de riz et le coing. Je voulais, depuis longtemps, vous parler de vous ; et hier j'espérais en avoir la force. Mais, c'est une chose arrêtée, malgré toute la tendresse qui me pousse vers vous, votre exaltation me contraint à revenir à la plume.

Cher ami, votre attachement me rend bien heureuse, et souvent bien penseuse. Je me demande si quelque jour vous ne me deman derez pas compte de ces distractions violentes jetées au milieu de votre vie publique. D'un lien qui devait être tout douceur, vous faites une sorte d'astringent pimenté qui dissipe votre temps, votre pensée, et qui ne réagit que sur moi. Vous vous trompez quand vous dites que l'amitié n'aime pas : je n'ai jamais osé être moimême avec vous (et ne revenez pas au.\ causes vulgaires ou grossières que vous avez supposées jadis) ; quand je me sers du mot osev, c'est qu'il convient parfaitement. Si nous étions tous les deux calmes, je vous prouverais que l'amitié sait être tendre et brave. Voilà pourquoi je patronne notre attachement de tous les titres les plus doux et les plus saints : c'est pour l'amener à me faire place à vos côtés, au coin du feu.

Tout cela demande à être développé, et je vous promets que cela m'occupera tout de suite que je pourrai l'être. J'ai des visites de sabre pour deux jours ; je ne sais trop quel bien cela mêlera.

J'ai beaucoup de choses amicales à vous diie. Il faut que je cesse pour aujourd'hui. Recevez l'éternelle assurance de ma tendresse.

î>() TESTAMENT ])'Ar(;rSTE COMTE.

Oui, ma noble patidiine. je la lerois lespeclueusenieiil. eomnie le principal trésor- de toute ma seconde vie.

(InKii/r fnitdc).

111(1, (jntrcs ociilos coiuila (illollere, nirsi'ix 1 )('/}(•! t : iiifunrn sfridil sub peclore mihiiis. Ter scsr (ilhillriis. nihiHxjUC (ului.ni, It'fdril : Ter rcrolnlii loro csi, onilistjiic rrranliliiis (tllo (JiKCsirit cœlo liiccm, in (jrmiiil(iiii' trpcrfâ.

(VlHC.lLK.)

(En baisant nui boucle poitative de ses clieveu.x). Reconnaissance, Regrets, Résignation. — La soumission est la base du perfectionnement.

Inutt/c ihi 'J'J Arril ISV). — La \iie a complété le charme de l'ouïe.... (ili occhi smeraldl !

(Sa première lettre). Vos bontés me rendent bien heureuse et bien fière. Monsieur, et je ne me sens pas la patience d'attendre une meilleure occasion pour vous diie tout le plaisir (|ue m'a fait Tom-Joiicx.

Puisque votre supérioiité ne vous empêche pas de vous faire tout à tous, je me réjouis de l'espérance de causer avec vous de ce petit chef-d'œuvre, et de pouvoir quel(|uefois recueillir, dans mon cœur et dans mon esprit, vos beaux et nobles enseignements.

Veuillez, Monsieur, agiéer avec l'expression de ma reconnaissance, celle de ma très grande considération.

(Ma réponse). Madame, je ne saurais non plus attendre jusqu'à l'heureuse occasion de vous revoir pour vous témoigner combien je suis touché du précieux accueil dont vous daignez gratifier une légère marque d'attention que pouvait seul recommander une opportunité dignement empressée, d'ailleurs trop naturelle enveis vous.

Le prix que vous voulez bien attacher à ma conversation m'enhardit à vous déclarer que je serais très satisfait de voir se multi plier de telles relations, autant que vous le croirez convenable.

PRIERES nroTIDlENNES. !)7

J'ai sûiiveiil élé ju,ii"é peu sociable, faute de liouvei- chez les autres une disposititui d'espi-i(, et surtout de coHir. siillisauiment en liarnionie avec la mienne. Mais je n'en ai pas moins appiécié toujoui-s ce dou.v échange de sentiments et de pensées comme la principale source du vrai bonheur humain, quand les conditions en sont dignement remplies. Le confiant abandon que je me plais à développer auprès de vos parents peut assez indiquer ma tendance naturelle à goûter convenablement votie aimable enlietien. Outre l'élévation d'idées et la noblesse de sentiments ([ui semblent propres à toute voti-e intéressante famille, une triste conformité morale de situation peisonnelle constitue em-ore. enti-e \ous et nuii. des rap[»rochements plus spéciaux.

N'euillez, Madame, agréer, de nouveau, l'assurance bien sincère de l'alleetueu.v respect de votre dévoué serviteur.

'2^' EFFrSION (7 minutes).

Inidijc (hi 7 Mars ISjCt.

(A genoux).

D.\MK.

Donna, se' tanto (jraiidt' cl lanfo rali (lie. ijiKiJ mol i/razia I' a le iioii rirorrr, Si((l (lis:i(iiiZ(t niol rohii' sciiz'dii.

L(i ma henignltù non jiki- soccorrr A chi dimanda, ma molle fuilc Liberamcnic al dhnandar [irccorrc.

In II' misnicordia, in le pi cl a le. In le matfiii/iccnza, in Ics'adnna (Juanlanquc in ciralara c di hontalc.

(Assis).

1' ET II .vu C.V.

(Jual paiira ho qnando mi lorna a mente (JhcI i/ionio ch'i lasciai (/rare c pensosa Ma donna c'I inio cor seco ! E non c cosa

Clif si rolcitlirr pcnsi e .si sorenlc.

Fia rlr('(j(/i() starsi iimilemrntc Ira beUc donuc, a yiiisa d'inid rosd Ira mlnor fior, ne lie ta, ne dogliosa, Corne chi terne ed altro mal non sente.

Deposia area l'nmta legyiadria, Le perle e le (jliirlande e i patini atlegri, E'I ri SU) r'I cunlo r't parla r dolce vmano,

Cosi i')t diihhio lasciai la rila mia ! (h- tristi anipirii, e m/ni, e pensier nef/ri Mi danno assalio. iiiarria a dio cli'inrano !

[Image de ta lonihc chérie). Lu pierie du cercueil est ton premier autel.

PEÏH AlîCA.

Doici durezze e placide requise, l'iene dl casto amor e di pietate, Leggiadri ulegni, che le mie infiammute Voglie fempraro (or me n'aerorgo) e'ns]the.

lienlit parlar, ore rhiaro rijahc l'on somma eortesia somma oncsiale, fior di rirtù, fonlana di hellate.

Cli'ogni basso pensier dal cor m'avulsc.

Divino sguardo, da far l'uom félice, (h- fiera in affrenar la mérite ardita A quel che ginstamente si disdice,

Or presto a conforlar mia fraie rita : Questo bel rariar fa la radiée Di mia salatc, ch'allramenlc cra ita.

3" Conclusion (3 minutes).

{Image de la tombe chérie), tjnclla che' mparadisa la mia mente ! \'ivre pour autrui. Voilà le viai bonheur comme le vrai devoir. Toi seule m'enseignas à tondre leurs formules ! Quels plaisirs peuvent l'emporter sur ceu.\ du dévouement ?

PRIÈKES orOïIDIEXXES. 9U

(.1 mon cicnirllc compagne). Amein te plus quàm me, nrc me nisi proptrr te !

(A l'Humanité, dans son temple, derant son i/raïul autel). Amem te plus (juàin me, née me nisi propter te !

{Les sept maximes de ma patronne). Il est indifi:ne des grands cœurs de lépandie le trouble qu'ils ressentent.

Quels plaisirs peuvent remporter sur ceux du dévouement ?

J'ai compris, mieux que personne, la faiblesse de notre nature, quand elle n'est pas dirigée vers un but éle\ é. (jui soit inaccessible aux passions.

Il faut à notre espèce, plus qu'aux autres, des devoirs pour faire des sentiments.

Il n'y a, dans la vie, d'irrévocable que la mort.

Nous avons tous encore un pied en l'air sur le seuil de la vérité.

Les méchants ont souvent plus besoin de pitié que les bons.

(A ma patronne, comme personnifiant l'Humanité).

Verginemadre, Figlia del tuo figlio,

Amem te plus quàm me, nec me nisi propter le !

Tre dolci nome ha in te raccolti

Sposa. madré, e jigliuola !

Paris, 10, rue Monsieur-le-Princc,

Le Vendredi, 16 Archimède 69 (10 Avril 18i7).

ArcrsTE Comte

Fundateur de la Religion de l'Humanité.

Né le 19 Janvier 1703, à Montpellier,

BiBUOTHXCA

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