rue Monsieur-le-Princo
Lundi 13 Saint-Paul 63.
l\ S. — En achevant ma sixième Sainte-Clotilde, je sentis surgir une noble résolution philosopliique, dont je dus y joindre bientôt l'annonce sommaire. Aujourd'hui, je dois pareillement t'indiquerune heureuse inspiration religieuse, suivenue pendant que je te lisais Mercredi, sur l'autel funèbre, l'elîusion actuelle.
Quelques heures auparavant, une touchante lettre venait de m'apprendre la perte irréparable d'une fille unique enlevée, au début de sa dix-huitième année (née en Mai 1834). à l'un de mes plus dignes confrères, dont l'âge excède le mien. Ce vrai positiviste avait aussitôt résolu de perpétuer subjectivement cette chère existence, en élevant désormais la tendresse paternelle jusqu'à l'adoration régulière de ce doux ange gardien. Sans que la lettre me fût adressée, j'ai dû. comme chef du positivisme, honorer directement cette application décisive de notre culte intime, et même y participer solennellement, au nom du Grand-Être dont je suis l'organe systématique. En faisant, sur ta sainte tombe, ma douce commémoration ordinaire des àines dignes de se grouper autour de toi, j'ai aussitôt rangé Louise Pénard parmi tes compagnes sacrées, prématurément ravies à l'Humanité. Mieux encore que l'infortunée Victoire Bonnin. elle était secrètement vouée, par son noble père, à la vraie religion, qui l'aurait bientôt disposée à l'adorer, et peut-être à reprendre dignement ta grande mission sociale. Devant ton funèbre autel, j'ai résolu d'exercer spontanément, dans ce cas décisif, l'éminent oHice de consolateur qui convient si heureusement à mon sacerdoce. Cette précieuse diversion, dignement accomplie le lendemain, a dû parvenir Samedi au malheureux père, ainsi invité déjà à ériger Fange chéri en sainte personnification du (îrand-Ètre, dont il représentera spécialement la lutte insuifisante contre sa rigoureuse destinée. Le tendre couple sentira de lui-même combien tu as inilué sur cette consolation inespérée.
En te faisant un juste hommage de cette nouvelle inspiration, je devais te signaler le cas imprévu qui achève de manifester laplé-
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nitiide religieuse du positivisme naissant. J'y ai heureusement appris que je puis désormais consoler autant qu'honorer. Ma sainte mission est donc éprouvée maintenant sous tous ses aspects caractéristiques : il ne lui niaïujue qu'un plus vaste exercice, à la fois puhli<' et privé.
Mardi 31 Saint-Paul 03.
Aprt's avoir relu ma septième Sainte-Clotiluk dans son état délinitif, j'éprouve, avant de partir pour ma visite sacrée, le besoin de consigner ici ma satisfaction intime pour l'admirable réponse où le digne père vient de me témoigner déjà sa cordiale gratitude. Sous sa douce impulsion, je vais te consacrer de nouveau l'aimable Louise Pénard, que la sollicitude paternelle devait offrir, dans deux ans, à ma bénédiction pontificale, dont la tienne est devenue inséparable. La sainte victime s'unira désormais à ma pauvre Victoire Bonnin et à ta noble Elisa Mercœur, pour ébaucher dignement le virginal cortège des deux sœurs immortelles qu'adorera bientôt l'Occident régénéré : Béatrice Portinari et Clotilde de Vaux !
Mcrcroili malin 22 Saint- Paul 03.
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