TA FETE NORMALE
Verç)ine-M(i(lre, fifilia dcl tuo (iglio.
Amem te plus (juàm me, ncc me nisi proptcr le!
Conuiiencéo le 8 Giittoinborg' GO, continiiéo le Iciulcnuiin. et (•oiiiplf'ti'o lo siirlciiclcinain. |)(iiir èti'i' lup. sur la saillie loinlx'. le .Mci-trcdi ;iO iioiil. (Copie aiPt'lioréi").
Pari;;, le Diiiiiiiiclu' 8 GiiltfinbL'i't; OG (20 août 1854).
XOBLF KT TENORF. PATRONNE,
Le devoir (|iii. l'iiii deiiiiei-. me foira de retarder d'un tiiiiiestre notre célébration annuelle vient encoie de m'iinposer le même ajournement. Mais, cette fois, le délai ne m'a jamais été pénible, parce que j'ai d'abord senti la lé^ulaiilé de la transposition à la- (|uelle je me suis ainsi trouvé conduit. En terminant le précédent entretien, je remarquai sa co'incidence avec notre principal anni versaire. Une meilleure appréciation de ce concours me détermine à le perpétuer en transportant ta fête à la sainte journée qui solennisa notre cbaste union. C'est ainsi qu'elle viendra désormais clore le principal mois de notre incomparable année. Vu l'heureuse coïncidence qui déjà rappro(diait ce jour des fêtes demafilleadoptive et de ma vénérable mère, les souvenirs de mes trois anges y concourent, d'après ta tendre prudence, à sanctifier ma propre fête. Quoique cet hommage doive toujours rappeler ma célébration initiale, son accomplissement peut cesser de se subordonner à l'usage catholique, quand de tels motifs l'instituent mieux.
Notre entretien se trouve aujouid'hui dominé parla récente terminaison delà construction religieuse où je t'ai dignement incor-
CONFESSIONS ANNUELLES. iOO
poiée. Je viens de l'aire la dernièie révision typographique de l'invocation linale qui complète et consolide la dédicace initiale. En accomplissant ce solennel hommage, je me réservai le secret développement de l'incomparable satisfaction que m'inspire une identification décisive, où j'ai fait ouvertement consister ma principale récompense. Les inspirations que formulèrent, pendant plusieurs années, mes prières quotidiennes, vont ainsi recevoir la sanction d'un public auquel j'ai fait irrévocablement reconnaître ta profonde participation à la construction de la vraie religion. Annoncée dès le début de mon principal traité, notre communauté de cercueil est directement réclamée dans sa terminaison, de manière à prévenir ou surmonter les résistances quelconques.
Ma gratitude publique fut surtout insullisante envers ton aptitude spontanée fi me faire familièrement sentir que le bonheur et le devoir dépendent de l'unité fondée surl'amour. L'essor journalier de nos liens subjectifs m'a pluspénétré de cette conviction que ne peuvent l'indiquer des explications abstraites. Ce saint commerce a maintenant acquis son vrai caractère, puisqu'il cultive également les trois instincts sympathiques, qui s'y combinent de plus en plus à mesure que l'union s'épure. J'ai pu faire publiquement sentir leur fusion linale. en l'appliquant la double qualification qui fut instituée pour la Vierge-Mère. Quoique objectivement contradictoire, cette combinaison résulte toujours de l'union subjective d'après une sullisante purification.
Depuis que j'ai résumé ma construction religieuse en faisant systématiquement prévaloir le culte sur le dogme et le régime, mon adoration intime de ton incomparable supériorité prend plus d'importance et de plénitude. Elle me représenta l'ensemble du problème humain comme réductible à l'essor continu des instincts bienveillants, seule source de la vraie discipline, théorique autant (|ue pratique. Ma vie [irivées'y lie tellement à ma vie publique que je i)uis également parlei- au monde de mon culte personnel et l'entietenir de mon élaboration sociale. Je t'ai déjà fait assez apprécier pour pouvoir ouvertement l'invoquer comme la meilleure représentation de l'Humanité. Bientôt ce ne sera pas seulement envers moi que tu rempliras cet auguste office ; les àiues d'élite tendent à t'ériger en universelle personnification du Crand-Ètre.
210 TESTAMENT DAlT.rSTE COMTE.
Ayant voué ma vie à systématiseï- runité, je devais obtenir, à tra vers l'anarchie, l'harmonie propre à l'état normal. Surgie d'abord entre mes diverses fonctions cérébrales, cette connexité s'étend maintenant à mes actes corporels, de plus en plus rapportés au drand-Ètre que tu personnifies.
Outre la source intérieure de la synthèse, le culte que je t'ai voué développe aussi sa base extérieure, en me disposant à mieux subordonner le subjectif à l'objectif. Quoique notre union subjective ait déjà duré beaucoup plus que notre liaison objective, je sens que celle-ci constitue le fondement indispensable de celle-là. que je ne perfectionne qu'en l'y rattachant davantage. Ainsi s'explique l'insullisance de mes elîorts pour compléter notre famille par la digne scrur que je t'aniiongai l'an dernier, et qui, faute de contacts objectifs, me reste plus étrangère que mon père spirituel, mort avant ma naissance. Ton adoialion me rend jdus précieuse et plus complète la subordination [irojjre à la positivité, parce qu'elle m'en fait profondément sentir rcllicacité sympathique. L'aptitude du dedans à refléter le dehors ne sulfit jusqu'ici que pour l'ordre physique, dont l'harmonie, représentée dans les saines théories, permit au cerveau d'anticiper sur le monde. Envers le spectacle humain, individuel ou collectif, les poètes restèrent les seuls organes do cette correspondance, dès lors bornée aux faits, faute de saisir les lois, et sans comporter de vraies prévisions. Mais, à l'état positif, la synthèse embrasse autant le dedans que le dehors, la poésie et la philosophie se confondant dans la religion, l'homme devient le miroir complet du monde, d'après le volume décisif que tu viens de m'inspirer.
Ce préambule spontané m'autorise à mêler les indications abstraites au compte annuel de mes principaux événements. Ma situation étant devenue assez conforme à ma mission, ce récit périodique doit surtout concerner l'office qui domine de plus en plus l'ensemble de mon existence, tant privée (|ue publique. Je me rapproche ainsi de la vie purement subjective qui nous est finalement réservée d'après nos dignes efforts.
En achevant le précédent entretien, je comptais n'avoir plus à t'y rien apprendre sur le mois où je l'accomplis. Mais la seconde moitié d'Août 1853 m'offrit un souvenir durable, en me procurant
la piemièie visite de l'émineiit Jjanquier dont je venais de t'aiinoncer l'adliésion décisive. Cette entrevue développa tellement ma confiance envers ce digne disciple, que j'y commençai la divulgation de l'appiéciation, longtemps secrète, que je viens de publier sur le bonheur que je te dois malgré la catastrophe.
Parmi les souvenirs du mois suivant, il faut d'abord placer l'apparition de mon troisième volume, retardé de quelques semaines. L'admiration qu'il excita chez les meilleurs juges fut complétée par des sulïrages qui ne pouvaient être compétents qu'envers le style. Je ne dois pas oublier l'heureuse journée, peu susceptible de retour, que je pus alors passer, sous mes ombrages habituels, au milieu de dignes disciples des deux sexes. Elle fut secrètement troublée par le début des deux mois de tracas que me suscita la déplorable rupture de la fraternité que je croyais avoir instituée entre deux éminents adeptes. Il fallut, le surlendemain, déclarer la détresse imprévue qui résulta de rinsutllsance du subside, noblement compensée, en quelques semaines, d'après des sacrifices exceptionnels.
Le principal souvenir d'Octobre confirme la puissance du lien positiviste chez ceux-là même qui croient l'avoir rompu. D'après l'incident relatif au subside, je fis alors une déclaration formelle envers l'éventualité de réduction d'une pension imméritée. Cette diminution, annoncée comme pouvant devenir prochaine, quoique j'espère l'éviter toujours, conduisit à reconnaître expressément la faculté qu'on me contestait l'année précédente. Alors j'accueillis les humbles supplications d'un habile écrivain, incapable de supporter la rupture émanée de lui, tandis que le prolongement de rette situation me paraissait préférable à des contacts équivoques, qui peut-être vont cesser. Un meilleur retour, où participa la reconnaissance, eut bientôt lieu chez un positiviste germanique, révolutionnairement détourné d'une association (|u'il regrettera toujours. Quoique ses convictions ne soient pas devenues assez pratiques, je reconnus alors la sincérité de son adhésion au positivisme religieux, qu'il avait longtemps repoussé. Je dus à ce mois l'intéressante visite d'un nouveau prosélyte, dont la conversion semble complète de cœur, et qui fixa, d'après un irrécusable témoignage, mon jugement spécial sur le conllit fraternel.
212 TESTAMENT D'AFCl STE COMTE.
Novembre ne me laisse d'autre souvenir qu'un contact personnel avec l'adepte que je croyais récemment avoir acquis dans mon département natal. Ainsi commença la dissolution, bientôt complète, des espérances résultées d'une artificieuse correspondance. Je reste donc dépourvu de toute adhésion décisive dans le lieu de ma naissance, et peut-être aurais-je autant à blâmer ma ville que ma famille. Mais ce désappointement n'a nullement altéré ma dis position spontanée, que mon nouveau volume avait systématisée, à toujours former d'abord l'opinion la plus favorable, aux personnes comme aux choses. Il m'est seulement prescrit ainsi de suspendre les jugements résultés des correspondances jusqu'à ce que des entrevues les aient contrôlés.
Mon principal souvenir de Décembre concerne la publication exceptionnelle par laquelle une femme vraiment éminente sut imprimer une impulsion décisiveà la digne propagation du positivisme, surtout dans le milieu britannique. Ce grand travail, où notre noble collègue accepta pleinement l'ollice de rapporteur, fit mieux ressortii- l'inanité du prétendu juge qui s'efforça de devancer une telle opération d'après un livre éphémère. L'année se termina par la réalisation décisive du minimum normal du subside sacerdotal, qui probablement sutfira désormais sans exiger le renouvellement d'elîorts exceptionnels.
Janvier 1854 s'ouvrit par un notable progrès de la solennité (|ui. depuis plusieurs années, tend graduellement à fêter le Grand- Être en honorant le fondateur de la vraie religion. Outre une alUuence plus nombreuse et plus vénérante, son caractère religieux se manifesta d'après le vœu d'y voir désormais concourir les deux sexes. La participation féminine va donc achever de sanctifier une réunion qui n'offrit d'abord qu'une conversation masculine, plus cordiale (|ue respectueuse. Alors la célébration tendra bientôt vers son éclat définitif en «'adressant autant à toi qu'à moi. (>e mois me procura la précieuse réponse de notre éminente auxiliaire à la juste gratitude que m'avait inspirée son noble concours. Elle m'y déclara son admirable résolution sur ma participation aux bénéfices résultés d'un tel travail. Quelques jours après, ma cinquième circulaire me permit d'honorer publiquement ce généreux piojet. que je ne pus alois accepter.
Février fut surtout caractérisé par le premier cliapitre de mou volume final dont chacun des autres remplit l'un des mois suivants, sauf deux semaines de plus envers le dernier. Alors commença l'irrévocable élaboration de mon utopie de la Vierge-Mèie, destinée à fournir aux àmos d'élite, du moins féminines, le résumé synthétique du positivisme, comme le mystère de l'Eucharistie pour le catholicisme. Dès la fin de ce mois, surgit la résolution capitale qui compléta l'institution systématique de la vraie religion, en y plaçant le culte avant le dogme. Je dois rapporter à la même époque le retour spontané, probablement irrévocable quoique toujours insuffisant, de l'éminent artiste que l'oscillation révolutionnaire nous avait auparavant enlevé. Ce mouvement inespéré marque le début naturel de la résolution à laquelle je dois les précieuses images qui maintenant décorent notre domicile.
Mars se distingua pai l'exécution décisive de l'heureuse transposition que je venais de projeter enveis le culte. Elle était tellement normale que, après quelques jours, je la sentis aussi familière que si jamais je n'avais autrement procédé. Sa réalisation m'indiqua son aptitude à caractériser la religion positive, où le culte se trouve ainsi perfectionné sans nuire au dogme. Cette impulsion me fit aussitôt concevoir la publication exceptionnelle qui, dans dix ans, teiminera ma carrière d'écrivain, par la sainte correspondance, précédée de nos biographies, et suivie (l'iin poème ébauché sur ma seconde vie. Le même mois me Fournit un souvenir extérieur d'après l'admirable lettre du noble enthousiaste dont la conversion t'est surtout due, et qui doit bientôt instituer un foyer décisif dans l'Amérique protestante.
Avril commença par la touchante coïncidence de la révision générale de mon plus tendre chapitre avec la commémoration annuelle de notre catastrophe. Ce concours fut telleiiienl complet (|ue, à l'instant fatal, je lisais le passage qui recommande la contemplation familière des tableaux funèbres ; je fus ainsi préservé de l'elïusion de larmes qui suivit toujours les célébrations antérieures. Je te dus alors l'inspiration récemment accomplie envei-s mes dernières volontés, et tu me détournas surtout de la rédiution, peu digne de moi, que j'avais auparavant en vue. l ne noble
publicité fera spontanément cesser toute vicieuse sollicitude, et gaiantiia le sort de la fille adoptive que tu sus ériger en digne sœur. Quelques jours après cette résolution, un éminent disciple surmonta, par une honorable imitation, la difficulté matérielle résultée des circonstances envers l'impression immédiate de mon volume final. Bientôt ma noble collègue moditia sa généreuse pro position de paitage,de manière à me permettie de l'accepter sans altérei- ma juste abnégation, en la consacrant à mes payements typographiques. I.e même mois me rappelle l'élaboration qui contrôla ma résolution envers le culte par l'amélioration du dogme, d'après un perfectionnement inattendu de mes principes encyclopédiques, où l'on reconnaîtra la sympathie comme la vraie source de la synthèse.
Pendant le mois suivant, eut lieu l'exclusion, mieux subie que je ne l'espérais, du prétendu disciple émané démon département, et que j'avais trop facilement admis dans une association fraternelle, faute de connaître son origine protestante. Je fus ainsi conduit à prendre désormais des précautions spéciales pour éviter toute incorporation imméritée à la famille religieuse où s'élaborent les nKr'uis normales. Quelques jours après, le centre parisien déplora le départ de l'incomparable ménage qui, depuis deux ans, secondait, avec tant d'efticacité, notie prosélytisme. Ce digne couple, d'abord conduit au loin, se trouve enfin fixé plus près de la métropole humaine, où son influence spontanée sera souvent utilisée, f^e même mois manifesta la plénitude des convictions de mon principal disciple en Irlande, d'après le libre hommage de sa meilleure lettre envers « la noble dame dont tous les vrais positivistes chérissent et vénèrent la mémoire ». Vers la fin de Mai, l'élaboration du régime me permitd'honorerl'essai décisif où notre digne banquier venait de me prouver son aptitude pratique. Ainsi commenta la série de manifestations par lesquelles mon volume final jirépare l'avènement normal de chacun des triumvirs que j'ai secrètement choisis pour la principale phase de la transition organique.
Le début de Juin m'aurait fait péniblement sentir l'ajournement forcé de notie entretien annuel si je n'eusse déjà résolu sa transposition finale. Je puis ainsi ne rattacher à cette date que
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l'installation de notie tableau, le jour même où notie culte célèbie un digne couple féminin. Cet envoi décisif fut bientôt suivi de ton image spéciale, devenue d'autant plus précieuse que l'esquisse maternelle, dont elle offre la fidèle reproduction, se trouve, pai' une étrange incurie, irréparablement altérée. Quoique huit ans de représentations, purement subjectives, me permissent de me passer toujours d'un tel secours, il rendra mes souvenirs plus précis, et surtout il satisfera mieux les justes vanix de nos disciples. A peine l'eus-je reçu, que tu fus ainsi connue de l'éminent positiviste d'où provient mon image hollandaise.
Mes souvenirs de Juillet concernent surtout la digne terminaison du volume qui complète et résume ma construction religieuse. Tl aboutit à l'invocation exceptionnelle qui constate et consolide ton concours fondamental à l'ensemble de l'élaboratinn destinée à caractériser ma seconde vie. Tous les vanix de mon culte intime ont ainsi reçu la publicité qui garantira leur réalisation oppoitune. Ce mois me rappelle aussi l'heureuse résolution qui compléta mon service en consolidant la sécurité du ménage auxiliaire, à l'anniversaire de la naissance du digne enfant né pendant ma célébration du premier mariage positiviste. Aussitôt après avoir systématisé la constitution de la domesticité, je pus donc appliquer personnellement la règle générale, autant que le comportent ma situation et mon milieu. Juillet m'otïrit aussi l'arrivée inattendue de l'éminent disciple qui. sans pouvoii-. comme je l'avais trop espéré, jamais devenir mon successeur, mérite ma sollicitude spéciale et continue. Fixé maintenant ici, je pouriai le juger irrévocablement, et peut-être dissiper les impressions résultées d'une haineuse accusation, que ses confrères commencent à dédaigner.
Pendant le piésent mois, je dois d'abord t'indi(juei- ma liste secrète des treize exécuteurs testamentaires que j'ai projeté de choisir. Mais diveises impiessions me font déjà sentir combien il m'importe de ne pas la divulguei- avant de m'être assuré du dévouement de ceux que j'Iionore d'un tel office et de leui- disposition à s'en glorifier. Ce mois m'offre, au dehois, un souvenir durable, par la précieuse visite de deux dignes représentants du lover irlandais.
En achevant le récit annuel, je sens dissiper le trouble involontaire qui me restait après avoir terminé ma grande construction. Tant que le doux compte n'était point rendu, je ne pouvais être assez dégagé du devoir qui me prescrivit un ajournement, où je ne puis encore m'iiabituer à voir une transposition, quelque normale qu'elle soit réellement. Mes travaux, écrits ou verbaux, se trouveiont désormais accomplis avant cette célébration, qui, placée trois mois plus tùt, ne pouvait éviter leur conflit que d'après une heureuse exception.
Ainsi livré sans mélange aux impressions résultées de la digne terminaison d'un incomparable olfice, je commence à sentir la réaction générale qui va de plus en plus caractériser le reste de ma seconde vie. Jusqu'ici, la régénération que je te dois émana surtout de mon existence privée, d'où procéda le meilleur perfectionnement (le ma mission publique, ma seule ressource contre l'inlime amertume de ma situation antérieure. Mais, d'après les résultats philosophiques de ton saint ascendant, ma vie sociale va désormais consolider et développer mon bonheur personnel. Suite nécessaire de l'ijarmonie normale entre les deux modes, public et piivé, de mon existence, cette réciprocité s'est même fait déjà sentir en accomplissant le présent entretien. Devenue familière, elle me lendra plus facile et plus complet l'essor de la véritable unité, qui, toujours relative, comporte, ou plutôt exige, un progrès continu.
Sous cette impulsion, mes alîections et mes travaux contracteront une connexité croissante, depuis longtemps supérieure aux espérances indiquées dans nos premiers contacts, écrits ou verbaux. Déjà cet entretien vient de m'inspirer l'heureuse modification que j'ai, ce matin, apportée, à temps sans doute, à la formule fondamentale de notre religion. J'y combine le second terme avec le premier- en isolant le deiMiier; ce qui doit désormais la mieux adapter à sa destination normale. Tant que j'avais à surmonter l'insurrection dé l'esprit contre le cœur et la scission du progrès envers l'ordre, la forme primitive restait préférable. Mais, mon volume final ayant assez lempli ces deux conditions, la nouvelle rédaction fei-a mieux sentir la constitution religieuse du posilivisino. l'alliance entre l'amour et la foi pour guider l'activité.
Représentant rimité comme résultée du concours de la sympathie intérieure avec l'ordre extérieur, elle permet davantage de régler toute l'existence, même physique, d'après une destination toujours altruiste. Ainsi, je vivrai mieux pour l'Humanité, directement dans ma carrière publique, indirectement en servant la famille dont tu m'olîres le centre, et qui me tient lieu de patrie, de manière à consolider de plus en plus notre intime devise :
Amour et respect éternels.
AUGL-STE COMTE.
Fondateur de la Religion universelle, 10. rue Monsieur-le-Princc.
La pierre du cercueil est ton premier autel.
M\ ONZIKMI: SVLNTK CLOTILDE.