‹ Testament d'Auguste ComteChapitre 35 sur 112 · DIXIEME LETTRE · texte numérisé non relu

DIXIEME LETTRE

.Mercredi 21 Mai 1845 (midi).

Ma chère da.me.

Je tremblais ce matin de revoir votre chère écriture avant que vous eussiez pu lire la lettre (jue je vousécri\ais pour réparer une

grossière tentative. Mon inquiétude vient liélas ! de se réaliser, et le douloureux billet que je viens de parcourir me l'ait subitement sentir toute l'étendue de mes torts... Ceux qui se proposent de diriger les autres ont bien souvent besoin de toute leur indulgence, et je crains d'avoir trop peu mérité la vôtre. Une terrible phrase de ce billet saisissant m'inspirerait de graves alarmes et de profonds remords si je ne jiensais que votie douce sagacité aura su discerner mes honorables impulsions léelles à travers les formes de l'inexpérience et (le la précipitation. Peut être ne devrais- je point, dans cette situation, me présenter chez vous demain, comme je vous l'annonçais ce matin : je le ferai pourtant à moins que vous ne me l'interdisiez, alin de vous lassurer sur l'avenir en vous montrant que j'ai su déjà régler assez mes sentiments ; les hommes de mon caractère n'ont besoin que d'un touchant avis pour éviter une véritable chute, ^'os affectueuses remontrances sur mes torts ne peuvent aujourd'hui qu'augmenter beaucoup mon besoin de vous les faire bientôt oublier. Comptez, ma chère Dame, sur l'alîection aussi pure que dui-able de

\'otre respectueux ami.

ate comte.

ONZIliMi: LEÏTUE

Mercredi 21 Mai IS^:».

Je vous remercie de votre dernier billet, Monsieur. .J'aurai toujours grand plaisir à vous voir, et j'espère que nous éviterons les causeries embarrassantes. Je ne puis pas me trouver chez moi demain, ni les jours suivants, devant aller visiter une amie malade. Nous vous ferons de la musique rue Pavée quand vous yviendrez ; je vais y passer presque toutes mes journées jusqu'aux couches. Adieu. Monsieur Comte, croyez à mon alfection, et gardez-moi celle d'un ami.

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