‹ Testament d'Auguste ComteChapitre 37 sur 112 · C. DE V · texte numérisé non relu

C. DE V

01 LNZIÈME LETTRE

Lundi soir 2 Juin 1855 (3 h.).

Daignez, Madame, agréer cordialement, à l'occasion de votre fête, la petite composition ci-jointe, qui fui, ces jours derniers, le doux résultat de la première matinée passée hors de mon lit. Outre le motif public très réel et fort grave a mes yeux, que j'y indique au début, vous ne douterez pas. je pense, que mon cœur n'y ait aussi été secrètement poussé par le plaisir de ra'occuper de vous et l'innocent espoir de vous surprendre agréablement. Sans que j'eusse aucunement cherché à réagir ainsi sur moi-même, ce

léger travail m'a pourtant produit un effet ti-ès salutaire, en détorminant spontanément un altectueux retour à mes méditations habituelles, par la seule contention d'esprit qui me lût alors possible comme se rapportant à vous.

Vous y pourrez donc voir aussi un premier exemple de cette solidarité plus intime que j'espère établir peu à peu, d'après notre précieuse amitié, entre l'essor de mes plus hautes pensées et celui de mes plus purs sentiments. Cette heureuse connexité vous était, sans doute, déjà annoncée, en général, dans ma fatale lettre du 17 mai : mais elle s'y trouvait trop altérée par son vicieux mélange aux folies passagères qui vous ont si justement alarmée L'occasion actuelle attirera spécialement votre attention, d'une manière plus pure et plus directe, sur cette importante corrélation, désormais aussi favorable au perfectionnement de ma vie publique qu'au bonheur de ma vie privée.

Je dois, Madame, profiter soigneusement d'une journée qui vous dispose davantage à l'indulgence, pour solliciter de nouveau la plénitude de votre pardon au sujet des torts, graves quoique involontaires, que j'eus récemment envers vous, et que je m'efforcerai constamment de vous faire oublier, bien que je les aie réparés presque aussitôt quecommis. Peut-être faut-il aujourd'hui me féliciter de n'avoir pu aller chez vos parents Vendredi. Notre première entrevue n'eu deviendra que plus satisfaisante après-demain soir, s'opérant ainsi sous l'heureux patronage de sainte Clotilde. Que ce pur souvenir vienne désormais se placer sans cesse devant celui de l'orage antérieur! Il marquera naturellement le vrai point de départ de nos paisibles relations habituelles, toujours dignes, j'ose l'assurer, d'un tel début.

Votre ami dévoué,

A" COMTE

Quoique l'épitie philosophique vous fût unicpiement destinée, elle est écrite de manière à comporter, sans le moindre inconvénient, la publicité quelconque que vous désireriez lui donner ; j'appiouve d'avance tout ce que vous piojetteriez à cet égard.

Dans la longue visite qu'a bien voulu nie faiie hier votre e.xcel-

lent frère, j'ai appris avec douleur le notable redoublement de votre toux nerveuse, que j'entends maintenant d'ici : je crains de n'y avoir que trop contribué parles pénibles émotions que j'ai eu le malheur de vous causer depuis environ quinze jours.

Jointe à cette lettre : l'Épitre pbilosopliique sur la Commémoration sociale. (Voir pafïe '239»)

Page 1