‹ Testament d'Auguste ComteChapitre 51 sur 112 · QUARANTE-SIXIEME LETTRE · texte numérisé non relu

QUARANTE-SIXIEME LETTRE

Lundi matin 8 Septembre 1845.

Je veux vous écrire tout de suite ; pardonnez-moi mes imprudences. Hélas! je me sens encore impuissante pour ce qui dépasse les limites de l'affection. Personne ne vous appréciera mieux que je ne fais ; et ce que vous ne m'inspirez pas, aucun homme ne me l'inspire : mais le passé me fait encore mal, et j'ai eu tort de vouloir le braver. Soyez généreux à tous égards, comme

CORRESPONDANCE. ;{|!l

vous l'êtes à certains. Laissez-moi le temps et le travail ; nous nous exposerions à des regrets cruels maintenant.

Je compte beaucoup sur votre équitable raison. Moi j'ai fait essai de mes forces ; pardonnez-le-moi, en faveur de la volonté. Je suis pénétrée de reconnaissance pour vos généreuses vues, et pour les bontés que je vous dois ; ne parlons jamais argent : ce mot-là fait trop de mal.

Adieu. Si vous me comprenez réellement, vous ne m'en voudrez pas. S'il en était autrement, je désespérerais de me faire entendre.

Adieu, mon très digne ami. Les miens sont plus touchés que vous ne le pensez de votre mérite. Si mon père n'arrive pas ce soir, on se propose de vous aller voir en famille.

A vous de cœur

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