SOIXANTE-SEIZIEME LETTRE
Lundi soir (1 h. 1/2) 20 Octobre 1845.
Mon cher philosophe, peut-être avez-vous déjà reçu ma lettre d'hier au soir. Je venais sans bien savoir si je vous trouverais, mais dans le but aussi de me promener, parce que je ne suis pas encore en état de m'occuper assidûment aujourd'hui. Je vais encore agir sur mes pieds : je vais tous les jours un peu mieux, mais je vois bien que j'ai surtout les nerfs ébranlés et que cela ne peut pas me jouer un mauvais tour. Je vous laisse une lettre que ma mère a apportée à ma porte ce matin, et qui m'a fait grand bien. Je lui ai répondu un mot plein de l'aiïection qu'elle m'inspire en dépit de nos petits différends et de nos dilîérences de nature.
Je ne pourrai peut être pas venir vous voir Mercredi : à ce soir toujours. Recevez tous mes vonix et l'assurance de mon attachement. Je ne voudrais pas être condamnée à me servir une heure de votre plume. Je vous trouve bien habile d'en tirer d'aussi belles choses.