QUATRE-VINGT-DIX-NEUVIÈME LETTRE
.leudi soir 13 ^l^ovembre 1845.
Mon cher philosophe, je regrette vivement ma confidence en famille, puisqu'elle vous contrarie. Je puis vous répondre qu'elle n'a cependant eu aucun inconvénient, et que je n'ai cédé en la faisant à aucune tactique, mais seulement à un sentiment affectueux que j'étais bien aise de manifester autour de moi. C'était à propos du repos qui m'est nécessaire : je disais que vous aviez eu la bonté
de in'envover Sophie plusieurs jours de suite, et qu'enfin hier vous m'aviez ollert tout palernelleuient de m'aider de votre bourse jusqu'à ce que j'en aie une. et que vous m'avez remis lOt) francs pour que je prenne tous mes petits soins de santé en achevant Willelmine. Il est tout simple, dans des relations intimes d'amitié, d'en user de la sorte, et ma nouvelle n'a nullement changé les dispositions existantes. Ce que je vois de plus clair dans votre regret, mon cher ami, c'est un scrupule de modestie et de délicatesse : encore ne me paraît-il pas bien fondé. Je vous trouve moi en règle aux yeux des miens avec la bonté, les convenances, et la franchise : je ne puis sortir de ce cercle.
Quant à avoir voulu vous faire une garantie, je vous sais trop au-dessus de pareils moyens pour y avoir songé. On ne penserait, d'un autre côté, à m'acquitter envers vous que si je mourais. "N'ous voyez que vous n'êtes pas en danger de restitution immédiate.
J'espère donc que vous me pardounerez mon coup de tète, mon cher ami. et je vous en remercie d'avance tendrement.
A vous de cœur,
Clotilde V.