CENT DEUXIÈME LETTRE
Mardi malin 18 Novembre 1845(11 b.)-
En envoyant Sophie s'informer aujourd'hui de votre précieuse santé, je voulais, ma très chère amie, m'abstenir de vous écrire, afin de ne pas vous pousser mal à propos à un fâcheux elîort épistolaire. Mais le souvenir du petit accès d'impatience que j'eus
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liiei-, en vous taxant alors de trop cérémonieuse, ni'oblijj^e à ne pas attendre jusqu'à demain pour solliciter le pardon spécial de ce mouvement involontaire : je me le suis vivement reproché presque aussitôt ; votre soulirance aurait surtout dû me le faire d'abord contenir, eùt-il même été plus motivé. En expiant ainsi ce tort passager, j'espère ne pas vous déterminer à rompre un silence qu'exigerait votre santé. Renoncez même demain à notre cordiale entrevue, pour peu que la sortie vous semble imprudente ; si toutefois elle reste possible, cette diversion vous serait maintenant utile.
Adieu, ma noble et malheureuse Clotilde; je partage profondément toutes vos douleurs, physiques ou morales, et je regrette amèrement que notre triste situation mutuelle me rende encore si impuissant à les soulager. Puissé-je du moins ne jamais les aggraver à mon insu !
A vous ma vie,
A" COMTE