CENT TRENTE-TUOISIEME LETTRE
Vondredi soir 2 Janvier I8ÎG.
Voilà de beaux rayons de soleil qui me feront du bien. Si cela vous est égal, mon cher ami, j'irai demain vous voir, au lieu de vous recevoir. Je n'ai pas pensé à le dire à Sophie ce matin ; mais je sais que vous ne déplorez pas les ports de mes lettres, et celle-ci vous arrivera encore avant midi.
Les splendeurs du jour et du temps d'hier m'ont tenue renfermée rue Pavée ; je ne vous porterai donc aucune nouvelle extérieure. Celles d'intérieur qui me concernent sont bonnes, et me font espérer que toutes guerres civiles ont cessé pour moi : c'est déjà cela. Je pense ne pas changer mes nouvelles allures à
rar-rivée de mon fièi-e. J'ai gagné un peu de force ce n»ois-ci à mon régime de repos, et le temps est venu de travailler pour moi. Willelmine m'intéresse chaque jour davantage : c'est l'enfant de mes tristesses solitaires : et je me complairais à la développer si je n'avais pas mieux en vue. J'espère bien avoir fini avant le mois.
A demain, mon cher ami : je sais que c'est vers midi, je m'arrangerai en conséquence. J'espère faire mes visites de l'an dans le courant de Juillet prochain. L'Humanité me dit très peu de choses à présent. Vous, qui êtes une grande exception, recevez l'expression de mes sentiments alîeclueux et dévoués.
.\ vous de conir.
Clotilde V.