PREFACE XI
qui n'a pas encore été jouée, puis Y Aine et les Rois en exil.
Il avait trouvé dans le roman d'Alphonse. Daudet Je quoi fournir à son tempérament dramatique ; il écrivit cinq actes. Coquelin les lut à Daudet ; ils lui plurent et Delair entra en relations directes avec l'illustre écrivain. La collaboration, difficile à tout esprit libre, suscita au dramaturge, de la part du maître et de son entourage littéraire, des critiques renouvelées, qui le contraignirent à des remaniements nombreux. La pièce fut refaite trois fois ; il y travailla deux ans et demi. Travail, écrasant dont le fruit fut amer : la pièce, jouée enfin, fut taxée de tendances politiques. Le pauvre Delair, qui n'était qu'un bénédictin de lettres, fut traité comme un pamphlétaire. Mêlé par méprise à une absurde bagarre il fut accablé de sifflets et d'injures. Il se retrouva donc diminué en face de ses chers drames ; pour les tirer de l'ombre, il n'avait plus l'autorité nécessaire ni l'énergie, la santé usée, atteinte même gravement par un germe de phtisie lente qu'il ne découvrit que plus tard.
Telle fut l'aventure des Rois ; c'était IJirrépa» rable.