‹ Testament poétiqueChapitre 11 sur 112 · XII PREFACE · texte numérisé non relu

XII PREFACE

Pourtant YAfhé, pièce touchante qu'il avait écrite en deux mois, pour faire halte entre deux bouleversements des Rois, fut, quinze jours après, très favorablement accueillie à Bruxelles. Ce fut un succès considérable. Il remit sur le chantier la pièce de Rabelais, la refondit, et la présenta au Théâtre-Français. Elle ne fut reçue qu'à correction.

Que faire ?I1 fallait vivre. C'était pour lui une douleur atroce que d'entraîner fatalement les siens dans sa défaite. Au moins devait-il soutenir sa famille qui lui demeurait fidèle et qui sauvait du désastre la gaîté du foyer. Il composa un roman, Louchon, d'une observation sûre, réaliste au meilleur sens du mot, car ses oncles et, sous le nom de René, sa propre personne lui avaient fourni ses modèles. Ce regard en arrière le reposa. Puis les tiraillements recommencèrent. Coquelin vint à lui généreusement. Il lui fît écrire quelques pièces pour des tournées, un à-propos plein de verve sur le centenaire de Figaro, et, quand mourut Victor Hugo, il sut lui faire jaillir du cœur Y Apothéose, cinq cents vers improvisés en quatre jours, qui valurent au poète une ovation, hélas! vite oubliée.

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